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Tome troisième.
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5 9 8 HISTOIRE

Mazeas de faire des expériences semblables, et il trouva desrésultats que Newton n’avoit pas prévus. Mémoires de Eerlin ,17 Si, Mémoires des Savons étrangers , t. II.

Si l’on fait glisser l’une sur l’autre deux surfaces transparenteset bien polies , telles que sont les glaces de miroirs , observant depresser également, autant qu’il est possible, sur tous les pointsdes deux surfaces , on s’aperçoit bientôt d’une résistance qui sefait sentir quelquefois vers le milieu et d’autres fois vers lesextrémités des glaces; en portant la vue vers cet endroit, on.aperçoit deux ou trois lignes courbes très-fines, dont les unessont d’un rouge pâle et les autres d’un verd languissant ; encontinuant toujours de frotter , ces lignes rouges et vertes semultiplient le long de la surface du contact, et on aperçoit unmélange de couleurs , tantôt dispersées avec confusion , et sansordre , et tantôt dans un ordre régulier. Dans ce dernier casj, ceslignes colorées sont le plus ordinairement des cercles et desellipses concentriques, ou plutôt des ovales plus ou moins alongés,suivant que les surfaces planes sont plus ou moins unies : onparviendra infailliblement à former de telles figures , si en frot-tant les glaces, on prend la pv^caution de les bien essuyer et deles présenter de temps en temps au feu.

Lorsque les couleurs sont formées, les verres se tiennent collésavec beaucoup de force , et demeurent pour toujours dans cetétat d’union sans aucun changement ni altération de couleurs.Au centre de tous ces ovales, dont le grand diamètre excèdeordinairement dix lignes, on voit une petite lame de mêmefigure parfaitement semblable à une lame a’or qu’on auroit inter-posée entre les verres. Souvent cette petite lame a dans son centreune tache noirâtre qui absorbe les rayons de la lumière , exceptéceux qui nous donnent la sensation du violet; car cette couleurB’y voit en abondance à travers le prisme.

On voit dans toutes ces expériences la différence qui se trouveentre la génération des couleurs dans ces surfaces courbes , oudans les surfaces planes ; mais ici elles n’ont lieu qu’après queles glaces ont donné des couleurs par le frottement, il lui paroîtprouvé que ce n’est pas l’air qui produit ces couleurs, quoiqueNewton ne les ait attribuées qu’à l’air. Ç’auroit été une satis-faction pour lui (dit Mazeas) d’apercevoir comme une secondebranche de cette théorie délicate, de voir entre deux surfacesplanes des cercles ovales colorés de 11 à 1 5 lignes de diamètre ,de donner à ces couleurs une vivacité surprenante et une duréeégale à celle des verres ; enfin , de former , par la transmissionde la 1 umière , une nouvelle suite de couleurs analogue à cellequi avoit été formée par la lumière réfléchie. ( Mémores pré~sentés , &c. t. II, 1755. p. 27 ).