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et qu’il n’y auroit plus aucune cohésion ; car il ne peut arriverqu’il y ait des passages dans toutes les directions, quelque soitla manière d’après laquelle les molécules soient disposées.(Euleri opuscula , 1746) Il en parle assez au long dans ses Let-tres à une princesse d’Allemagne , imprimées en 1768. Ellesfurent écrites en 1760, aux deux filles du Margrave Henri deBrandebourg, dont l’aînée fut ensuite abbesse de Hervorden , etla cadette , duchesse d’Anhalt-Dessau. Il remarque d’abord queDescartes soutenoit le système des vibrations; mais ayant remplitout l’univers d’une matière subtile composée de petits globules ,du second élément, il mettoit le soleil dans une agitation perpé-tuelle qui frappoit sans cesse les globules ; il supposoit que ceux-cicommuniquoient leurs mouvemens dans un instant partout l’uni-vers. Mais depuis qu’on a découvert que les rayons du soleil neparviennent pas dans un instant jusqu’à nous, et qu’il fautfaut environ huit minutes pour parcourir cette grande distance :le sentiment de Descartes a été abandonné , sans parler d’autresinconvéniens qui l’accompagnent. Newton a embrassé le pre-mier sentiment de l’émission, et a soutenu que les rayons dusoleil sortent réellement du corps du soleil, et que des particulesextrêmement subtiles en sont lancées et dardées avec cette vitesseinconcevable, dont elles sont portées du soleil jusqu’à nous enhuit minutes. Ce sentiment, qui est celui de la plupart des phi-losophes d’aujourd’hui, et surtout des Anglois, est nommé lesystème de l’émanation , puisqu’on croit que les rayons émanentréellement du soleil, et aussi des autres corps lumineux, toutcomme l’eau émane d’une fontaine. Euler trouve que ce senti-ment choque la raison; car , dit il. si le soleil jetoit continuelle-ment, et en tout sens, ces torrens de matière lumineuse, avecune si prodigieuse vitesse, il semble que la matière du soleil endevroit être bientôt épuisée, ou du moins il faudroit qu’on yremarquât, depuis tant de siècles, quelque diminution , ce quiest pourtant contraire aux observations. Certainement une fon-taine qui jeteroit en tout sens des fleuves d’eau , seroit d’autantplutôt tarie, que la vitesse seroit plus grande : ainsi, la prodigieusevitesse des rayons devroit bientôt épuiser le corps du soleil. On abeau supposer les particules, dont les rayons sont formés , aussisubtiles qu’on voudra; le système demeure toujours égalementrévoltant. Suivant Euler, on ne peut pas dire que cette émanationne se fasse pas tout-autour, et en tout sens; car, en quelqueendroit qu’on soit placé, on voit le soleil tout entier; ce quiprouve incontestablement, que vers cet endroit sont lancés desrayons de tous les points du soleil. Le cas est donc bien différentde celui d’une fontaine qui jeteroit même des fleuves d’eau entout sens. Ici ce n’est que d’un seul endroit d’où le trait sort vers
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