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Tome troisième.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. II. 6oiune certaine contrée, et chaque point ne lanceroit qu’un seultrait; mais pour le soleil, chaque point de sa surface lance uneinfinité de traits qui se répandent en tout sens. Cette seule cir-constance augmente infiniment la dépense de matière lumineuseque le soleil devroit faire.

Il trouve encore un autre inconvénient qui ne lui paroît pasmoindre : non-seulement le soleil jette des rayons , mais aussitoutes les étoiles : donc puisque par tout il y auroit des rayonsdu soleil et des étoiles qui se rencontreroient mutuellement;avec quelle impétuosité devroient-ils se choquer les uns lesautres? et combien leur direction en devroit-elle être changée?Une semblable croisée devroit arriver dans tous les corps lumi-neux qu’on voit à-la fois. Cependant chacun paroît distincte-ment sans souffrir le moindre dérangement des autres ; et c’estune preuve bien certaine , selon lui, que plusieurs rayons peuventpasser par le même point sans se troubler les uns les autres,ce qui semble inconciliable avec le sistème de l’émanation. Eneffet , on n’a qu’à faire ensorte que deux jets d’eau se ren-contrent, et l’on verra d’abord qu’il se troubleront dans leurmouvement, d’où l’on voit que le mouvement des rayons delumière est essentiellement différent de celui des jets d’eau,et en ge'néral, de toutes les matières qui seroient lancées. Ensuiteen considérant les corps transparens par lesquels les rayonspassent librement et en tout sens; les partisans de ce sentimentsont obligés de dire que ces corps renferment des pores dis-posés en ligne droite, epi passent de chaque point de sasurface en tout sens, puisqu’on ne sauroit concevoir aucuneligne par laquelle ne puisse passer im rayon du soleil, et celaavec cette inconcevable vitesse , et même sans se heurter. Voilàdes corps bien criblés, qui, cependant nous paroissent biensolides. Enfin, pour voir, il faut que les rayons entrent dansnos yeux, et qu’ils en traversent la substance avec la mêmevitesse. Tous ces inconvéniens persuadèrent Euler que ce systèmede l’émanation ne sauroit en aucune manière avoir lieu dans lanature, et il étoit étonné que ce même système eut été ima-giné par un aussi grand homme que Newton, et embrassé partant de philosophes éclairés, que Euler croit avoir été entraînéspar son autorité. Descartes, pour soutenir son explication, futobligé de remplir tout l’espace du ciel de matière subtile, àtravers de laquelle tous les corps célestes se mouvoient tout-à-fait librement. Mais on sait que si un corps se meut dans l’air,il rencontre une certaine résistance : et delà Newton conclutque quelque subtile qu’on suppose la matière du ciel, les pla-nettes y devroient éprouver quelque résistance dans leur mou-vement. Mais, dit-il, ce mouvement n’est assujéti à aucuneTome III. G g g g