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résistance : d’où il s’ensuit, que l’espace immense de ciœtix necontient aucune matière. 11 y règne donc par tout un vide par-lait ; et c’est un des principaux dogmes de la philosophie new-tonienne, que l’immensité de l’univers ne renferme point dutout de matière dans les espaces qui se trouvent entre les corpscélestes. Cela posé, il y aura depuis le soleil jusqu’à nous, oudu moins jusqu’à l’atmosphère de la terre un vide parfait : eten effet, plus nous montons en haut , pins nous trouvons l’airsubtil; d’où il semble qu’il se doit enlin perdre tout-à fait. Or,si l’espace entre le soleil et la terre est absolument vide , il estimpossible que les rayons viennent jusqu’à nous par voie decommunication, comme le son d’une cloche nous est commu-niqué par le moyen de l’air ; de sorte que si l’air depuis lacloche jusqu’à nous, étoit anéanti, nous n’entendrions abso-lument rien, avec quelque force qu’on frappât la cloche. Newtonayant donc établi un vide parfait entre les corps célestes, il nereste plus d’autre sentiment à embrasser , que celui de l’éma-nation : et cette raison a obligé Newton a soutenir que le soleilet tous les corps lumineux chassent la lumière avec une forceterrible ; il laudroit bien en effet que cette force fut terrible ,pour imprimer aux rayons cette vitesse inconcevable dont ilsviennent du soleil jusqu’à nous en huit minutes de temps. Mais,dit Euler, on peut juger aisément que les espaces du ciel aulieu de rester vides, seront remplis de rayons, non-seulement dusoleil, mais encore de toutes les étoiles. Ces rayons les traversentde toute part et en tout sens continuellement, et cela avec laplus grande rapidité. Donc les corps célestes qui traversent cesespaces , au lieu d’y rencontrer un vide, y trouveront la ma-tière des rayons lumineux dans la plus terrible agitation , parlaquelle les corps doivent être beaucoup plus troublés dans leurmouvement que si cette même matière y étoit en repos. DoncNewton ayant eu peur qu’une matière subtile , telle que Descartesla supposoit, ne troublât le mouvement des planèttes, futconduità un expédient bien étrange , et tout-à-fait contraire à sa propreintention , vû que par ce moyen , les planettes devroient essuyerun dérangement infiniment plus considérable. Voilà un exemplebien triste de la sagesse humaine qui voulant éviter un certaininconvénient, tombe souvent en depLus grandes absurdités.« Ainsidit Euler, la principale et même l’unique raison , qui a engagéNewton à ce sentiment,est si contradictoire avec elle-ruême qu’ellele renverse tout-à-fait. Toutes ces raisons prises ensemble nenous sauroient laisser balancer un moment a abandonner cetétrange système de l’émanation de la lumière ; quelque grandeque puisse être l’autorité du philosophe qui l’a établi : Newtona été sans contrédit un des plus grands génies qui aient jamais