DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv. II. 6o3existé ; et sa profonde science, et sa pénétration dans les mys-tères les plus cachés de la nature, demeurera toujours le pluséclatant sujet de notre admiration et de celle de notre postérité ;mais les égaremens de ce grand homme doivent servir à noushumilier , et à reconnoître la faiblesse de l’esprit humain, quis’étant élevé au plus haut degré dont les hommes soient capables,risque néanmoins souvent de se précipiter dans les erreurs lesplus grossières ».
Ufalloit une bien grande persuasion pour qu’Euler osât parlerainsi, dans une matière où il est impossible d’avoir une véri-table démonstratif^. Je suis étonné qu’il se soit permis unepareille invective, elle n’a été approuvée de personne; maisécoutons parler Newton lui même.
Une pression exercée sur un milieu fluide, c’est-à dire unmouvement communiqué par un tel milieu au-delà d’un obstaclequi empêche en partie le mouvement du milieu , ne peut pointêtre continué en ligne droite, mais se répandre de tous côtésdans le milieu, en repos', par-delà de l’obstacle. La force dela gravité tend en bas, mais la pression de l’eau, qui en estla suite, tend également de tous côtés, et se répand avec au-tant de facilité et autant de force dans des courbes que dansdes droites : les ondes qu’on voit sur la surface de l’eau lorsquequelques obstacles en empêchent le cours, se fléchissent et serépandent toujours et par degrés dans l’eau qui est en reposet au-delà de l’obstacle. Les ondulations, pulsations, ou vibrr-tions de l’air, dans lesquelles consiste le son, subissent aussides inflexions, et le son se répand aussi facilement dans destubes courbes, par exemple dans un serpent, qu’en ligne droite ,or , on n’a jamais vû la lumière se mouvoir en ligne courbe ;les rayons de lumière sont donc de petits corpuscules qui s’é-lancent avec beaucoup de vitesse du corps lumineux.
Quant à la force prodigieuse avec laquelle il faut que ccscorpuscules soient lancés pour se mouvoir puisqu’ils parcourentjusqu’à plus de doooooo lieues par minute , écoutons la-dessusles newtoniens : « Les corps qui sont de même genre, et qui ontles mêmes vertus , ont une force attractive, d’autant plus grandepar rapport à leur volume, qu’ils sont plus petits. Nous voyonsque cette force a plus d’énergie dans les petits aiinans que dansles grands, eu égard à la différence des poids; et la raison enest que les parties des petits étant plus proches les unes desautres, elles ont par-là plus de facilité à unir intimement leurforce , et à agir conjointement. Par cette raison les rayons delumière étant les plus petits de tous les corps , leur force attrac-tive sera au plus haut degré, eu égard à leur volume ; et onpeut en effet conclure des règles suivantes, combien cette at>-