DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. III.
Sur ces divers raisonnemens on peut voir encore un écrit deHerman , dans les Mémoires de Pétersbourg, tom. I, an. 1726 ;un sur le même sujet, par Bulfinger ; et un antre de Wolf, sousle titre de Principia dynarnica , dans le même volume.
Poleni rapporta diverses expériences qui paroissent favorablesau sentiment des forces vives. Voyez le Recueil de ses Lettres.En laissant tomber de diverses hauteurs des corps égaux de formeet de volume, mais inégaux en pesanteur, sur des matièresmolles, comme de l’argile, on remarqua, après avoir réitérécent fois l’expérience, que les cavités étoient égales, lorsque leshauteurs et les pesanteurs de ces corps étoient réciproquement
J iroportionnelles , c’est à-dire, lorsque le produit des masses pares quarrés des vitesses , étoient égaux. Or , ces cavités sont cer-tainement comme les forces de ces corps, puisqu’elles sont commela quantité de matière que le corps a pu chasser en avant de lui ,avant que de perdre toute sa force. Par conséquent les forcesseront égales lorsque les masses multipliées par les quarrés desvitesses formeront des produits égaux.
On a fait cette expérience encore autrement : on a laissétomber les mêmes corps de différentes hauteurs. On a mesuré lescavités qu’elles produisoient dans l’argile molle , et l’on a trouvéqu’elles étoient comme ces hauteurs même, c’est-à-dire, commeles quarrés des vitesses. Ces expériences, dit on, prouvent doncvictorieusement que les forces des corps en mouvement sontcomme les quarrés des vitesses.
On a enfin laissé tomber des balles d’ivoire ou de marbre, dedifférentes hauteurs, sur un plan enduit légèrement d’une matièregrasse, et l’on a remarqué que les impresions qu’y laissent cesboules étoient toujours à très peu-près de diamètre proportion-nées à ces hauteurs, ce qui annonçoit le déplacement ou lacompression d’un segment de la sphère proportionnel à la hau-teur, ou au quarré de la vitesse.
Ce fut par de pareils raisonnemens qu’on traita la questiondes forces vives pendant quelques années à datter de J726.Nous avons cité page 6-1-2 , les principaux auteurs qui s’en oc-cultèrent. La discussion fut assez vive entre ’sGravesande t-t ledocteur Ciarcke. Ce dernier v mit un ton de vivacité , d'aiareuret meme de mépris pour ses adversaires <jne S gravesande crutdevoir repousser par des observations, où ne s écartant pointlui-inême du ton d’honnêteté qui doit régner dans des discus-sions purement scientifiques , il fit voir combien celui de Claickeen passoit les bornes; mais tel étoit le docteur Ciarcke qui avoitaussi traité assez mal Leibnitz dans les discussions philosoplnco-théologiques qu'ils eurent ensemble. Nous observerons seule-