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Tome troisième.
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64o HISTOIRE

ment que ’sGravesande paroît donner à la question, dans la

pratique de la mécanique, une importance qu’elle n’a pas.

Il est reconnu aujourd’hui que le calcul de l’elFet d’une ma-chine , soit par un partisan des forces vives , ou celui d’un deleurs adversaires est absolument le même.

La dissertation de Mairan , dans les Mémoires de VAcadémie,pour 1728, fut le germe d’une nouvelle discussion assez viveentre ce savant physicien, et la marquise du Châtelet. Celle cidans la première édition d’une pièce sur la nature du feu , im-primée en 1740, avoit donné beaucoup d’éloges aux raisonsfortes et victorieuses de Mairan contre les forces vives; maiselle changea d’avis. Le château de Cirey , où vivoit le plus sou-vent madame du Châtelet, séjour des sciences et des belles lettresdevint peu de temps après ces éloges une école léibnheienne,et le rendez-vous des plus célèbres partisans des forces vives.Kœnig y passa en effetquelquetemps. Bientôt, continue Mairan,on y parla un autre langage, et les forces vives y furent placéessur le trône à côté des monades. Madame du Châtelet ne vitplus les choses du même œil, et ne pouvant corriger le textede la dissertation déjà imprimée , elle crut devoir mettre dans unerrata imprimé à la fin , un correctif aux éloges qu’elle avoitdonnées à la pièce de Mairan, et même ensuite un second errataqui changeoit ce correctif en une épigramme; ce qui néanmoinsn’eut lieu que sur quelques exemplaires échappés des premiers,par les soins d’un académicien célèbre (Clairaut); mais ma-dame du Châtelet ne tarda pas à s’expliquer d’une manière plusdécidée à la fin de ses institutions de physique qui sont toutesleibnitziennes. Elle y reprit plusieurs des pieuves qu’elle jugeoitvictorieuses en faveur de Leibnitz, et y réfuta les raisonnemenspar lesquelles Mairan les infirmoit.

Cependant, si Kœnig étoit un leibnitzien décidé, Voltaire,Maupertuis , Clairaut , qui formoient avec lui la société litté-raire et savante de Cirey étoient assez indifférens pour la doc-trine de Leibnitz, et madame du Châtelet, en même - tempsqu’elle écrivoit ses Institutions leibnitziennes, traduisoit Newton,

Q uoi qu’il en soit,Mairan crut devoir défendre son ancienne tis-sertation , et le fit par xme\letlre àMadame *** sur la quest ondes forces vives en réponse aux objections qu'elle lui fait ;urce sujet dans ses institutions de physique.

On s’étonnera sans doute de voir ici Voltaire jouer un rôle etce qui surprendra davantage ceux qui connoissent les liaiscnsde cet homme célèbre avec madame du Châtelet, c’est dt levoir précisément d’un avis contraire. Kœnig , dont ensuite ilprit si vivement la défense contre Maupertuis n’avoit pu l’tn-traîner. Voltaire, alors, assez mal avec Kœnig, étoit intine