Band 
Tome troisième.
Seite
642
JPEG-Download
 

64 * HISTOIRE

retardé qu’on doit en chercher la mesure. Or, tout le mondeconvient qu il y a équilibre entre deux corps, quand les produitsde leurs masses par leurs vitesses virtuelles, c’est-à-dire ,par les vitesse.:, avec lesquelles ils tendent à se mouvoir , sontégaux de part et d’autre. Dune dans l’équilibre le produit dela masse pat la vitesse, ou ce qui est la même chose, la quan-tité de mouvement peut représenter la force. Tout le mondeconvient aussi que dans le mouvement retardé , le nombredes obstacles vaincus est comme le quarré de la vitesse ; ensortequ’un corps qui a fermé un ressort, par exemple, avec unecertaine vitesse, pourra avec une vitesse double fermer, outout à-la lois, ou successivement, non pas deux, mais quatreressorts semblables au premier, neuf avec une vitesse triple,et ainsi du reste; d’où les partisans des forces vives concluentque la force des corps qui se meuvent actuellement , est en gé-néral comme le produit de la masse par le quarré de la vitesse.Au fond, quel inconvénient pourroit-il y avoir à ce que la me-sure des forces fût différente dans l’équilibre et dans le mou-vement retardé, puisque si on ne veut raisonner que d’aprèsdes idées claires, on ne doit entendre par le mot de force,que l’effet produit en surmontant l’obstacle ou en lui résistant ?H faut avouer cependant que l’opinion de ceux qui estiment lalorce par la vitesse, peut avoir l eu, non seulement dans lecas de l’équilibre , mais aussi dans celui du mouvement retardé,si dans ce dernier cas on mesure la force, non par la quan-tité absolue des obstacles, mais par la somme des résistancesde ces mêmes obstacles : caronnesauroit douter que cette sommede résistance ne soit proportionnelle à la quantité de mouvement,puisque de l’aveu de tout le monde, la quantité de mouvementquede corps perd à chaque instant, est proportionnelle au produitde'la résistance par la durée infiniment petite de l’instant, etque la somme de ces produits est évidemment la résistancetotale.

Toute la difficulté se réduit donc à savoir si on doit mesurerla force par la quantité absolue des obstacles, ou par la sommede leurs résistances. Il paroitroit [dus naturel de mesurer la forcede cette dernière manière, car un obstacle n’est tel qu’en tantqu’il résiste, et c’est à proprement parler la somme des résis-tances qui est l’obstacle vaincu : d’ailleurs, en. estimant ainsila force , on a l’avantage d’avoir pour l’équilibre et pour le mou-vement retardé une mesure communte : néanmoins comme nousn’avons d’idée précise et distincte du mot de force qu’en res-treignant ce terme à exprimer un effet, je crois qu’on doit laisserchacun le maître de se décider comme il voudra la-dessus : ettoute la question ne peut plus consister que dans une discussion