DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Lrv. III. 643métaphysique très-futile, ou dans une dispute de mots plusindigne encore d’occuper des philosophes. Ajoutons à cette con-clusion qu’on ne peut regarder autrement la question quand onobserve qu’une question de mécanique transcendante résoluepar un partisan ou par un adversaire du sentiment de Leibnitzdonne la même solution. Mais il semble que depuis la fameusequerelle des nominaux qui alla jusqu’à ensanglanter l’univer-sité de Paris, ce furent toujours les disputes de mots qui furentles plus opiniâtres et les plus échauffées.
Cette question venoit de la différente manière dont les unset les autres entendoient le mot de force. La nature de 4 la forceest une chose obscure et métaphysique ; fout ce que des savansallemands en ont dit dans des dissertations profondes, n’estqu’un épais brouillard de métaphysique dont l’obscurité semblese renforcer à mesure qu’on l’agite davantage. Mais on a vuci-dessus, page 63 x qu’il est plus naturel d’appeler force l’effetproduit dans un temps déterminé; ainsi nous finirons cet articleen disant que Leibnitz auroit dû laisser l’ancienne estimationdes forces proportionnelles aux vitesses.
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Du principe de la moindre action.
Nous avons parlé page 611 de divers principes que les mé-caniciens ont reconnus avoir lieu dans tous les mouvemens descorps; mais l’historien doit en distinguer un qui a été le sujetd’une querelle d’autant plus célèbre, qu’on y vit paroître le plusbel esprit de l’Europe, et un de ses plus grands monarques.Ce principe est celui que Maupertuis mit en avant vers 1744#et qu’on nomme de La moindre action. Voici en quoi il consiste.
Lorsque plusieurs corps agissans les uns sur les autres éprouventun changement dans leur mouvement, ce changement est tou-
i ’ours tel que la quantité d’action employée par la nature poure produire, est la moindre qu’il est possible; et cette actiona pour mesure , suivant Maupertuis , le produit de la masse parl’espace et la vitesse.
Maupertuis proposa pour la première fois ce principe à l’A-cadémie des Sciences en 1744, et dans le mémoire qu’il y lut,il y développa les considérations qui l'y avoient conduit. Ellesn’étoient à ce qu’il paroît que le résultat de ses efforts pourconcilier les explications contradictoires en quelque sorte queLeibnitz et Fermât donnoient de la loi de la réfraction, en yemployant les causes finales. Mais dans les Mémoires de la
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