643 HISTOIRE
l’on volt que ces sinus doivent être en raison inverse des vi-tesses avec lesquelles la lumière se meut dans l’un et l’autremilieu.
Maupertuis entre dans d’autres détails relatifs à cette loi, etdit que si quelque chose prouve l’existence d’un être souveraine-ment puissant et intelligent, c’est surtout la considération des loisde la nature.
Il y a une autre loi générale découverte par Maupertuis , etqui est relative au repos ou à l’équilibre, elle entra dans la que-relle dont nous avons à parler, et Maupertuis l’avoit donnéedans les Mémoires de l*Académie de 1740.
Maupertuis étoit tianquillement en possession d’avoir dé-couvert un principe plus général que les autres, et qui les lioittous, pour ainsi dire, lorsqu'il y lut troublé par Kœnig, pro-fesseur de mathématiques à la Haye, ancien ami et commensalde Maupertuis , qui inséra dans les actes de Leipzig, de 1761 ,un écrit dans lequel il attaquoit le principe, et prétendoiten mon-trer la fausseté. U y disoit de plus qu’il avoit été connu de Léib-nitz,et citoit à l’appui de son assertion un fragment de lettreécrite à Herman en 1707, où il étoit dit : « La force est donc33 comme le produit de la masse par le quarré de la vitesse, et33 le temps n’y fait rien , comme la démonstration dont yous» voulez faire usage, le montre clairement ; mais l’action n’est» point ce que vous pensez, la considération du temps y entre ,13 comme le produit de la masse par l’espace et la vitesse , ou>3 du temps par la force vive. J’ai remarqué que dans les modi-» lications de mouvemens, elle devient ordinairement un maxi->3 mum ou minimum. On en peut déduire plusieurs propositions» de grande conséquence; elle pourroit servir à déterminer les3» courbes que décrivent les corps attirés à un ou plusieurs centres.» Je voulois traiter de ces choses dans la seconde partie de ma33 Dynamique, que j’ai supprimée, le mauvais accueil que le33 préjugé a fait à la première m’ayant dégoûté , etc 3».
Il étoit difficile que Maupertuis demeurât insensible à une
f sareille imputation, plus odieuse à certains égards que celle quiui étoit laite en même-temps , savoir de s’être trompé. C’estpourquoi il invita Kœnig à déclarer s’il possédoit l’original decette lettre, ou bien à faire connoître où il étoit. Kœnig réponditqu’il n’en avoit qu’un copie, ainsi que de quelques autres qu’iltenoit de M. Henzy, homme studieux , et qui avoit ramassébeaucoup de papiers et d’anecdotes de Léibnitz ; ce Henzy, deBerne, avoit tenté d’y changer le gouvernement, et avoit eu latête tranchée quelques années auparavant. Comme les papiersd’un criminel d’état sont toujours gardés avec soin, Maupertuisfit demander par le roi de Frusse aux magistrats de Berne de
faire,