DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. III. 649faire, dans les papiers d’IIenzy, les recherches nécessaires poury trouver les originaux de ces lettres de Leibnitz , s’il en existoit.On fit en même temps des recherches auprès des héritiersd’Herman qui pouvoient les avoir conservées ; mais on ne trouvarien ni dans un endroit ni dans l’autre. Je remarquerai ici que ,dans le cours de la querelle , qui eut lieu sur ce sujet, M. Kœnigcommuniqua les copies de quatre lettres qui paroissent bien dustyle de Leibnitz , dans l’une desquelles est le passage citéplus haut.
Il est, dans cette trop fameuse querelle , deux points qui mé-ritent d’être présentés à part. L’un est, en quelque sorte, laquestion défait: Kœnig doit-il être censé en avoir voulu imposer,en attribuant à Leibnitz ce principe de la moindre action P L’autrela question de droit : ce principe est il faux ou de nulle valeur ,comme Kœnig tenta de le montrer dans l’écrit qu’il publiad’abord dans les actes de Léipzig,et dans divers écrits pos-térieurs, où, quel qu’il soit, il l’attribue à d’autres?
Quant au premier point, il paroît que trop de sensibilitéentraîna Maupertuis à mettre dans cette affaire autant de chaleur,et à demander à l’Académie de Berlin de s’ériger en une sortede tribunal pour juger de l’authenticité du fragment en ques-tion et de la lettre alléguée par Kœnig, en les déclarant sup-posées. Kœnig a d’ailleurs justifié depuis qu’il étoiten commercede lettres avec Henzy, par des pièces reconnues comme étant desa main. D’ailleurs , il semble que loin de vouloir ravir à Mau-
Î ertuis la gloire de la découverte en question, pour en revêtiriéibnitz, il la combattoit au contraire. La lettre enfin dont ils’agit avoit toujours resté cachée ; c’en étoit ( assez, ce semble, pourlaisser au public le soin de juger quelle croyance méritoit l’allé-gation de Kœnig, et pour se borner à dire que, de ce qu’unnomme a eu l’aperçu d’une vérité qui n’a jamais été publiée , cen’est point une raison de priver celui qui la découvre de soncôté, et qui l’établit, de la gloire qu’il mérite.
Les découvertes de Copernic et de Newton avoient été entre-vues ; personne cependant ne leur refuse l’honneur de la décou-verte de ces grandes vérités. Je ne sais même s’il en est quelqu’uneun peu capitale dont quelque homme n’ait saisi quelqu’étincelle,jusqu’à qu’un esprit supérieur les rassemblant, en ait tiré unedécouverte complète.
Kœnig blessé par le jugement de l’Académie, ne garda plusde mesures ; il renvoya son diplôme d’académicien , et publia unécrit sous le titre à! Appel au public du jugement de L'Académieroyale de Berlin, sur un fragment de lettre de Léibnitz ( 1752),à la suite duquel on trouve les quatre lettres de Léibnitz, ouJ'orne III, N n n n