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Tome troisième.
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65 o HISTOIRE

données comme telles , dont l’une est celle à Herman, quicontient le fragment en question.

L’appel au public fut bientôt suivi d’une nouvelle pièce inti-tulée : Défense de l’appel au public , ou réponse aux lettresconcernant le jugement de l’Académie de Berlin , adressées àM. de Maupertuis ( 1753). Je passe légèrement sur une multi-tude d’autres pièces, la plupart plus méchantes que solides etraisonnables, dont les ennemis de Maupertuis inondèrent lesjournaux d’Allemagne. Tout le monde connoît d’ailleurs lapiquante diatribe du docteur Akakia ; la part que le roi de Prusseprit lui-même à la querelle par un écrit de sa main , et le départde Voltaire , qui quitta Berlin en îyôo. (i).

Il seroit à souhaiter, pour l’honneur de l’humanité , qu’on pûtpasser l’éponge sur ces abus de la sensibilité et de l’esprit. Ausurplus, si, par quelques idées singulières, Maupertuis donnoitlieu aux cruelles plaisanteries de Voltaire; nous pensons qu'unhomme de beaucoup d’esprit eût pu rendre la pareille à Voltairelui-même. Car, quelle ignorance de géométrie en quelques en-droits de sa Philosophie de Newton ? 11 en est un qui prouveque cet homme célèbre regardoit un angle comme d’autant plusgrand que ses côtés sont prolongés. Quel tissu de mauvais rai-sonnemens, quelle ignorance des faits dans ses Singularités deïa Nature , et quelle idce absurde d’attribuer les coquillagestrouvés même sur les Alpes aux Pèlerins de Lorette qui les y ontdéposés? Quelle matière-là et ailleurs, à faire rire le public , pourquelqu’un qui eût eu l’art de manier les armes de la plaisanterie ,même dans un degré fort inférieur à Voltaire ?

Ce n’étoit pas seulement dans le fragment cité de I.éibnitz,que Kœnig trouvoit le principe de Maupertuis , il voulut aussiqu’il lut suffisamment enseigné par Malebranche , par Wolf, pars’Gravcsande et par Engelhart, physicien et mathématicien dela Haye. Malebranche dont, dit il, le président de l’Académie deBerlin a sûrement lu les écrits, puisqu’il le cite , a avancé expres-sément (1) , que Dieu agit toujours dans l’ordre etpar les voiesles plus simples , ce qu’il explique ensuite par l’exemple dumouvement d’un corps A qui va frapper B par la ligne droitequi est la plus courte ; car, dit plus loin ce métaphysitien , il fautplus d’action pour transporter ce corps A vers B , par une lignecourbe, que par une droite, &c.

Mais qui jamais a contesté qu’avant Maupertuis plusieurs philo-

(i) La brouillerie de Voltaire et de ne youloit point s’y prêter. VoltaireMaupertuis vient de ce que le premier les obtint du roi malgré Maupertuis.demandoit pour l’abbé Raynal des (a) Recherche de la vérité ■ Eclair-lettre* d’académicien , et que l’autre cissemens,j>. 191, éd.deGexièvej 1691.