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6a force vient à augmenter, il doit nécessairement perdre deplus en plus de sa pente , comme l’expérience le l'aiit voir. Delàvient principalement que si plusieurs fleuves se réunissent, lelit commun a moins de pente que n’en avoient les lits par-ticuliers des mêmes fleuves avant leur réunion.
Lorsqu’un fleuve contient par tout la même quantité d’eau,le fond peut être considéré comme rectiligne sur une étenduepeu considérable ; mais sur un long espace , ce fond formeréellement une courbe que l’on peut regarder comme une spi-rale dont les tangentes font par tout des angles égaux avecles perpendiculaires correspondantes , tirées du centre tle la terre,qui est en même temps le centre de la spirale. Si deux fleuvesinégaux en masse, ont des vitesses égales, le plus considérableauraune moindre pente , toutes choses d’ailleurs éga les ; puisqu’a-lors la plus grande force du courant doit être contrebalancéepar une plus grande résistance , qui provient d’une moindreinclinaison du lit.
Lorsqu’une îivière à la force primitivement acquise de corro-der le fond subséquent ; ce fond finira par devenir horizontal ;car , si l’on prétendoit qu’il pût conserver quelque pente unpeu sensible, il en résulteroit une augmentation de vitesse ,et par conséquent aussi de force. Or, dans son premier étatle courant pouvoit corroder le fond. Donc sa force ayant aug-menté , il n’en sera que plus capable de produire le mêmeeffet, et par conséquent de rendre le fond horizontal.
Delà il suit que si la force de l’eau vient à augmenter, lagrandeur du lit augmentera : mais sa situation horizontale nesera point changée, pourvu que la résistance du terrein soitla même ,^et que les autres circonstances soient aussi les mêmes.
Si le lit d’un fleuve, étant devenu horizontal dans une partie,vient à se rétrécir dans la partie suivante, il se formera d’unepartie à l’autre une contre-pente dont l’angle sera continuel-lement rongé ; et le lit dans la seconde partie tendra vers laposition horizontale. Mais il pourra se faire que la force del’eau ne soit pas capable de l’y amener entièrement, et qu’ilconserve de la pente. Il peut arriver d’ailleurs une multitudede variétés , soit par l’accroissement des eaux , soit par le trans-port des matières quelles entraînent et quelles déposent suc-cessivement.
L’auteur ayant établi que la résistance du terrein étant donnée,plus le courant a de force, moins la rivière a de pente, il con-clut réciproquement que la force du courant étant donnée, plusla ténacité du courant est grande , plus la rivière aura de pente.Delà vient que les fleuves dont le fond est composé de craio