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Tome troisième.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. III. 6 9 5on de tuf , ont plus de pente que ceux dont le fond est desable ou de limon.

Lorsque le fond sera composé de pierres, de gravier et autresmatières que l’eau peut entraîner, la pente sera d’autant moindreque les parties dont il s’agit auront moins de pesanteur spé-cifique ; car moins ces parties sont pesantes, moins elles résistentà l’eau, et plus la rivière a de force pour creuser le lit et lerendre horizontal. De plus , la figure des mêmes parties peutprésenter plus ou moins d’obstacle au choc de l’eau : ce qui doitproduire encore des variétés dans la vitesse et dans la pente.Les fleuves qui coulent entre des montagnes, où dont le fondest de roc, doivent avoir, et ont en effet, plus de pente queles fleuves qui coulent dans les plaines, parce que le fond deceux-ci est extraordinairement composé de sables.

Comme la plupart des fleuves, dans la partie supérieure deleurs cours ont leur lit rempli de grosses pierres, et que cespierres vont en diminuant de grosseur à mesure qu’on s’éloignede la source ; on voit que dans les fleuves qui roulent ainsi surun fond pierreux, ce fond doit former une courbe concave ,qui, en s’éloignant de la source fait des angles de plus en pluspetits avec l’horizon. Si un fleuve se meut entre des montagnes,sur un fond composé de pierrailles, et qu’ensuite dans la plainele fond soit composé d’un sable peu uniforme le fond entiersera composé de deux courbes, l’une concave , l’autre convexe ,et qui se raccordent.

Si un fleuve court sur un fond qui résiste à l'excavation, etque cette excavation, pour être portée au point requis par laforce du courant combinée avec la résistance du terrein demandeun certain temps ; qu’ensuite on suppose qu’avant qu’elle soitachevée , le fleuve reçoive de la nouvelle matière , de mêmeespèce que le fond ; le fleuve tendra à emporter cette matière,ou à creuser de nouveau le fond : de sorte qu’on pourra regarderle fond comme établi entre deux termes, dont l’un répond àla plus grande hauteur que la nouvelle matière peut occasionnner,l’autre à la plus grande profondeur ou l’excavation est réelle-ment portée. On sent assez que l’élévation et l’abaissement del’eau produisent des variétés dans la force du courant. Maisdans toutes ces choses , il faut prendre des résultats moyens.

Un torrent qui vient se jeter dans un fleuve y apporte non-seulement de l’eau , mais encore des matières étrangères , d’oùrésultent des changemens dans le lit du fleuve : il est clair, parce qui précède , que plus la durée des crues du torrent serapetite, et plus les crues seront petites, ou plus l’un et l’autreauront lieu à-la fois , et moins le fleuve aura de pente.

Lorque les matières étrangères à l’eau, apportées parle torrent