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Tome I.
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DE LA VALEUR QU’ONT LES CHOSES.

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sociale qu’elles ont, à la seule valeur dont il puisse être question en éco-nomie politique, le nom de valeur Échangeable. C’est ainsi que la désignele célèbre auteur des Recherches sur la nature et les causes de la Richessedes nations, Adam Smith; et comme le mot échangeable est toujours in-dispensable et compris dans les valeurs qui sont l’objet de cette étude, ilest inutile de le répéter eu toute occasion ; il est toujours sous-entendu.

Tout le monde reconnaît que les choses ont quelquefois une valeur d’uti-lité fort différente de la valeur d’échange qui est en elles ; que l’eau cornmune, par exemple, n’a presque aucune valeur, quoique fort nécessaire ;tandis qu’un diamant a une valeur d’échange considérable, quoiqu’il servepeu. Mais il est évident que la valeur de l’eau fait partie de nos richessesnaturelles, qui ne sont pas du domaine de l’économie politique ; et que lavaleur du diamant fait partie de nos richesses sociales, les seules quisoient du ressort de cette science ’.

Il y a même des objets qui renferment en eux ces deux genres de valeur,cl même dansdesproportionsfortdifférentes. Il suffit, pour s’en convaincre,do comparer la valeur du fer avec celle de l’or. L’or est certainement moinsutile que le fer, et cependant il vaut beaucoup plus. C’est qu’il y a dansl’or une très forte portion de valeur sociale et d’échange ; tandis qu’il ya dans le fer, par des raisons qui vous seront expliquées, une faible dosede valeur sociale, et beaucoup de valeur naturelle, qui ne fait point partiede nos richesses sociales.

1 Les biens qui ont une valeur d’échange constituent seuls ce que les nationsnomment des richesses, parce que ce sont les seulslqui puissent procurer, à celuiqui les possède, la jouissance de toutes les choses indifféremment qui sont ca-pables de satisfaire ses besoins ou de gratifier ses goûts. Ce sont aussi les seulsqui soient rigoureusement appréciables. M. Louis Say, de Nantes, a cherché àdonner une autre appréciation des biens; il veut qu’on mesure une portion derichesse, d’après Yinconvénienl qui viendrait à résulter de sa privation; maisqui est le juge de la grandeur de cet inconvénient? Il peut y avoir sur ce pointautant d’avis que de personnes. Certaines gens se privent d’un bon dîner pouravoir un habit propre; d’autres se privent d’un habit pour avoir un bon dîner.Une évaluation arbitraire ne saurait devenir une mesure; et, si l’on regardecomme une appréciation de l’inconvénient, la chose dont en général les hommesconsentent à sc priver pour en avoir une autre dont ils préfèrent n’ètre pas pri-vés, on rentre dans l’appréciation par le moyen de la valeur échangeable; car,qu’est-ce que l’échange, si ce n’est l’abandon de la chose dont on consent à sepasser, pour obtenir en place celle que l’on désire?