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DK LA-VALEUR QU’ONT LES CHOSES.
pouvons parler de la dislance où esl un objet, sans faire mention d'unautre objet, duquel le premier se trouve à un éloignement quelconque.De même, l’idée de la valeur d’un objet suppose toujours un rapportquelconque avec la valeur d’un autre objet.
Celte nouvelle difficulté est-elle un motif suffisant pour renoncer àl’étude des valeurs? A celte question, que je me faisais tout à l’heure, lamême réponse peut être faite. Quand on veut étudier sûrement, il fautconnaître les choses avec toutes leurs propriétés. Il faut constater ce quiest vrai et ce qui ne Test pas ; et il ne faut pas que la difficulté, peut-êtrel’impossibilité de parvenir à certaines connaissances, nous détourne d’étu-dier celles où nous pouvons atteindre. Le thermomètre ordinaire nous in-dique si l’air, si l’eau où on le plonge, sont plus ou moins chauds qu’ilsn’étaient dans un autre moment ; il nous indique (et même la chose estdéjà douteuse) les rapports qu’il y a entre la chaleur de deux corps diffé-rents ; mais il ne nous apprend point la quantité absolue de chaleur quise trouve dans l’un ou dans l’autre de ces corps. A vrai dire, dans Tétaiactuel de nos connaissances, nous n’avons aucun moyen de savoir la quan-tité absolue de chaleur qui se trouve dans un corps : nous ne connaissonstpie des rapports. Cependant nous étudions les phénomènes de la cha-! leur ; nous en expliquons un grand nombre ; nous en prévoyons les ré-sultats , et nous retirons de nombreux services dans les arts de ce quenous savons sur ce point. Pourquoi, de la même manière, ne retirerions-nous pas de grands services de ce que nous apprendrons sur la valeur dest choses, bien qu’elle ne soit que relative et non absolue?
Si toute valeur est variable et relative, vous remarquerez qu’il est su-perflu de vouloir comparer deux portions de richesses, à moins qu’ellesne soient dans le même temps et dans le même lieu. Rien ne me garantitqu’un sac de mille francs, dans ma caisse, soit une richesse égale à un saede mille francs que j’y avais Tannée dernière. Si cette année-ci il peutacheter plus de choses que Tannée dernière, celte portion de ma richesseest plus grande ; s’il en peut acheter moins, elle est plus petite.
De même, si je passe d’un lieu dans un autre, quand ce serait sanssortir du même pays, l’argent que j’ai dans ma bourse change de valeurà mesure que j’avance ; car toutes les denrées, tous les logements , tousles services qu’on peut me rendre, changent de valeur relativement à mabourse. Si je passe d’un lieu où tout, ou presque tout est plus cher, pouraller dans un lieu où presque tout est à meilleur compte, comme lorsqueje vais de Paris dans le département des Vosges ou dans celui de la Loire-