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Tome I.
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I)E LA VALEUR QU’ONT LES CHOSES.

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je vous parlerai plus tard), ne pouvait, dis-je, avoir d’autres suites pourle public, que de multiplier les chiffres de nos inventaires

Ces mômes principes nous apprennent encore que l’or, l’argent, les mon-naies, ne sont point recherchés pour eux-mêmes, et ne valent jamais quece qu’ils peuvent acheter. Car, puisqu’on ne les recherche pas pour lesconsommer, qu’on les recherche pour acheter, lorsqu’on fait Un marchéquelconque, lorsqu’on veut avoir par exemple 50 mille francs d’une mai-son, on n’a réellement en vue que les objets qu’on peut acquérir avec ces50 mille francs. Si l’argent valait le double de ce qu’il vaut, et si par con-séquent on pouvait avoir pour 25 mille francs ce qu’on a maintenant pourcinquante, on serait tout aussi disposé à donner la maison pour 25 millefrancs.

De même, le marchand qui demande 40 francs pour une aune de drap,veut avoir en réalité tout ce qu’on peut avoir pour 40 francs. Tous lesobjets réunis, ou les portions d’objets valant 40 francs, sont donc la mesurede cette portion de richesse qui, dans ce moment-là, porte le nom d’uneaune de drap.

Comment se fait-il donc que pour évaluer la richesse l’on désigne tou-jours une certaine quantité de pièces de monnaies?— Parce que le grandusage que nous faisons des monnaies, comme intermédiaires dans leséchanges nombreux que réclament nos besoins, nous a donné, pour ap-précier ce que peut valoir une somme de monnaie, plus de facilité quepour apprécier ce que vaut une certaine quantité de toute autre marchan-dise. Ainsi quand je vous dirai : Je viens de voir un cheval de 600 francs ,vous vous formerez plus aisément une idée de la valeur de cet animal, quesi je vous disais : Je viens de voir un cheval qui vaut 30 hectolitres de fro-ment , quoiqu’au cours actuel, ces deux choses signifient la même chose.

Lorsqu’on veut évaluer plusieurs objets de natures diverses, commeserait une maison dans laquelle se trouveraient réunis, je suppose, outrele mobilier, deux chevaux, douze milliers de sucre, et un rouleau de 25pièces d’or, il ne me suffit pas de savoir qu’il y a une foule de choses queje pourrais obtenir en échange de cette maison ainsi garnie. J’aurais, dumontant de toutes ces valeurs, une idée bien plus confuse, que si ellesétaient sous la forme d’une même marchandise. Pour en avoir le total,j’estime donc la quantité d’une certaine marchandise que chacune de ces

' Je me suis donné beaucoup de peine pour rendre ces démonstrations simples,et ensuite je suis obligé de demander excuse de ce qu’elles sont si simples.