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PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE 11.
choses eu particulier peut valoir; je les réduis, pour ainsi dire, à un déno-minateur commun ; et, comme le dénominateur dont la valeur m’est lemieux connue est une marchandise appelée monnaie, je dis :
La maison vaut.25,000 fr.
Le mobilier. 5,000
Les deux chevaux. 800
Les 12 milliers de sucre . . . 12,000Enfin les 25 pièces d’or . . . 500
Total additionné. . . . 43,300 fr.
La maison et ce qu’elle contient, sont des portions de richesses, quivalent ensemble autant que vaut une somme de 43,300 francs d’écus ; etquoique j’eusse pu avec autant de raison et la mcine exactitude évaluercela 2,165 hectolitres de froment, je me fais une idée plus nette de la va-leur de la maison quand je sais combien elle vaut d’écus, uniquement parsuite de l’habitude que nous avons tous d’apprécier vite ce que vaut unécu de 5 francs, puis un sac d’écus, puis 43 de ces sacs-là.
Ce que j’ai besoin que vous entendiez, messieurs, à la suite de toutesces considérations, c’est que ce qui constitue la richesse est absolumentindépendant de la nature de la marchandise qui sert à en faire l’évalua-tion. Une maison est une richesse, non parce qu’elle peut procurer à sonacquéreur des écus, mais parce qu’elle peut procurer tout ce que des écuspeuvent acheter. Les écus eux-mêmes ne sont une richesse qu’en raisondes choses qu’on peut acquérir par leur moyen ; car, ainsi que je vous l’aidéjà fait remarquer, si avec des écus ou ne pouvait rien acheter, eux-mêmes ne vaudraient rien. C’est la faculté d’acheter, qui fait que les chosessont des richesses ; or, celte faculté, cette qualité qu’on appelle leur va-leur, est dans l’objet qu'on évalue , indépendamment de l’objet qui sert àfaire cette évaluation.
Qu’il soit donc bien entendu, que toutes les fois que nous parlerons d’unbien, d’une fortune, d’un capital, d’un revenu, d’un impôt, de dix mille,de cent mille francs, nous entendrons par là, non pas une somme d’écus,mais une somme de valeurs qui, sous diverses formes, égalent la valeurqu’aurait une somme d’écus de dix ou de cent mille francs. Les écus nesont là que pour évaluation ; et celle évaluation pourrait être faite toutaussi bien en froment ; elle n’aurait d’autre inconvénient que de vousdonner moins vite et moins nettement une idée de la quotité de la valeurdont il est question.