DE LA PRODUCTION DES RICHESSES.
d’habitants, qu’ils ne viendraient pas à bout d’épuiser l’atmosphère. Maiscette même nature, livrée à elle-même, ne pourvoit que d'une manièreinsuffisante à des besoins non moins indispensables, comme à celui dela nourriture d’une société un peu nombreuse. Les aliments spontanésqu’elle offre à l’homme, sont peu variés, peu salubres, précaires, et sur-tout en beaucoup trop petite quantité. Si vingt hommes, il y a trois siècles,avaient été jetés par la tempête sur les côtes où sont maintenant lesÉtats-Unis, il est probable qu’ils y seraient morts de faim : sur ces mêmescôtes, où maintenant plusieurs millions d’individus trouvent non-seule-ment une subsistance abondante, mais, de plus, beaucoup des délica-tesses de la vie.
PREMIÈRE PARTIE. - II e DIVISION.
DES OPÉRATIONS PRODUCTIVES.
CHAPITRE IV.
De ce qu'il faut entendre par la production des richesses.
Après nous être formé de justes idées des mots richesses, valeur, utilité,nous aurons quelques facilités pour apprendre comment se produisent lesrichesses.
Déjàjvous entrevoyez qu’en donnant de l’utilité aux choses, ou bien enaugmentant l’utilité qu’elles ont déjà, on augmente leur valeur, et qu’en; augmentant leur valeur, on crée de la richesse. Ce n’est pas la matière{ de la chose que l’on crée, que Ton produit. Nous ne pouvons pas tirer du} néant un seul atome de matière ; nous ne pouvons pas même en faire1 rentrer un seul dans le néant ; mais, nous pouvons tirer du néant des> qualités qui font que des matières sans valeur auparavant, en acquièrent
5 une, et deviennent des richesses. C’est en cela que consiste la productionen économie politique; c’est là le miracle de l’industrie humaine; et U-choses auxquelles elle a donné ainsi de la valeur se nomment des pr<
duits.
Lorsque Ton considère principalement en elles la faculté qui leur a été
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