DES PRODUITS IMMATÉRIELS.
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i De là , la valeur de toutes les matières premières dans les arts ; et par| matière première, il faut entendre, non-seulement les matières brutes qui| n’ont reçu aucune façon, mais des produits déjà fort élaborés que l’on n’a-
I chète que pour leur faire subir de nouvelles préparations. Le coton estune matière première pour le fileur, bien qu’il soit déjà le produit de deuxentreprises successives : celle du planteur d’Amérique, et celle du commer-çant maritime qui le fait venir en Europe. Le fil de coton, à son tour, estune matière première pour le fabricant d'étoffes ; et une pièce de toile decoton est une matière première pour l’imprimeur en toiles peintes. La
1 toile peinte elle-même est la matière première du commerce du marchandd’indienne ; et bien souvent l’indienne n’est qu’une matière première poin-ta couturière qui en fait des robes, et pour le tapissier qui en fait desmeubles.
| CHAPITRE V.
I
: Analogie des produits immatériels avec tous les autres.
Vous voyez, messieurs, que l’utilité, sous quelque forme qu’elle se pré-sente, est la source de la valeur qu’ont les choses ; et ce qui va vous sur-prendre, cette utilité peut être créée, peut avoir de la valeur, et devenirle sujet d’un échange, sans avoir été incorporée à aucun objet matériel.Un fabricant de vitres met de la valeur dans du sable ; un fabricant dedraps en met dans la laine ; mais un médecin nous vend l’utilité de son art, sans qu’elle ait été incorporée dans aucune matière. Cette utilité est bien| le fruit de ses études, de ses travaux, de ses avances ; nous Tachetons en| achetant son conseil, nous la consommons en exécutant ses ordonnances ;et cependant cette utilité qui a eu sa valeur, qui a été payée par les hono-raires ofîerls au médecin, n’a jamais paru sous une forme sensible; elle aété un produit réel, mais immatériel ; car, si le médecin a ordonné un mé-dicament, ce médicament est un autre produit, fruit de l’industrie du phar-macien, et qui est l’objet d’un autre échange différent du premier.
Pour vous faire mieux entendre l’analogie qui se trouve entre les pro-duits immatériels et les produits matériels, je vous ferai remarquer queces derniers (les produits matériels) varient par des gradations insensiblesquant à leur forme, à leur étendue, à leur durée.
Ne nous attachons en ce moment qu’à cette dernière propriété : la durée.Une maison, de la vaisselle d’argetit, des meubles solides, sont des