premiere Partie. - chapitre v
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produits très durables ; des étoiles le sont moins ; des légumes, des fruits, ;le sont moins encore. Cependant cette différence de durée n’altère en rienleur qualité de produits : tous sont des portions de richesses proportion-nées à leur valeur. Un cultivateur de la vallée de Montmorency relire an-nuellement , de la vente de ses cerises, une somme tout aussi réelle quecelle que le propriétaire d’une portion de la forêt de Montmorency retire .de la coupe de ses bois. La quotité seule de la somme en fait la différence,et si les cerises produites valent plus que les bois, les cerises présententla plus grande richesse produite. Cependant, entre l’instant de la maturité ;de ce fruit, et l’instant où il faut qu’il soit consommé, il n’y a pas grandintervalle ; tandis que des bois qui servent à élever de solides charpentes, jsont des richesses qui dureront longtemps. Mais cette circonstance de la :durée n’est à considérer que par le consommateur; c’est à lui de voir s’il iveut préférer une jouissance dont la durée sera courte, à une autre jouis- ;sance qui, sans lui coûter davantage, durera plus longtemps. Sous le rap-port de la production , la quotité de l’utilité produite ne peut être déter-minée que par le prix que les hommes y mettent. C’est ce prix qui mesurel’avantage que le producteur en retire.
Puisque, sous le rapport de la production, la durée du produit n’estd’aucune considération pourvu que la valeur y soit, descendons de produitsen produits, de ceux qui se consdmment nécessairement peu d’instants iaprès qu’ils sont complètement créés, à ceux qui se consomment nécessai- ^rement à l’instant même de leur création, et nous verrons qu’une représen-tation théâtrale, par exemple, est un produit qui peut différer de la produc-tion territoriale par sa durée, puisque sa valeur ne peut se conserver par-delà l’instant de la représentation, mais qui n’en diffère pas sous les rap-ports qui en font un produit : je veux dire la propriété de satisfaire un denos besoins, de gratifier un de nos goûts, d’être susceptible d’appréciationet de pouvoir se vendre. Des acteurs se réunissent pour vous offrir le ré-sultat de leurs travaux et de leurs talents ; vous vous réunissez de votrecôté à d’autres spectateurs, pour leur donner, en échange de cet agréableproduit, une somme qui provient elle-même des productions auxquellesvous, ou vos parents, avez pris part. C’est un échange comme tous lesautres.
Adam Smith et d’autres économistes ont refusé aux produits immatériels ;le nom de produits, et au travail dont ils sont le fruit, le nom de travail jproductif. Ils se fondent sur ce que ces produits devant être consommés àmesure et n’ayant aucune durée, ils ne sont pas susceptibles d’acçumula-