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Tome I.
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DE QUOI SE COMPOSENT LES TRAVAUX DE L’INDUSTRIE. 91

les moyens d’exéculer cette production : (elle est l’origine d’une entreprise‘«industrielle.

Son exécution exige leconcours de plusieurs personnes et de plusieurs. talents. L’entrepreneur est obligé d’apprendre les procédés de l’art qu’ilI veutexcrcer,elcesprocédés sont fondés sur des connaissances scientifiquesj quelquefois très relevées. Pour mettre en œuvre la soie, la laine ou le coton! dont on veut faire une étoffe, il faut que des hommes quelconques aientacquis par des expériences et des éludes la connaissance de la manière: dont se comportent ces matières lorsqu’on les file, lorsqu’on les tisse, lors-qu’on les plonge dans la teinture; il faut que quelqu’un ait eu desconnais-sauces en mécanique pour imaginer les machines au moyen desquelles on( exécute ces divers travaux, et des connaissances en chimie pour dirigeri*l’emploi des matières colorantes, des mordants, de tous les ingrédiens

s

•' nécessaires pour teindre et apprêter les étoffes. Que ces opérations soientsimples ou qu’elles soient compliquées, ou conçoit que l’art est fondé surdes connaissances , et ce sont ces connaissances que j’appelle de la scienceaussi longtemps qu’elles n’ont pour objet que les connaissances elles-mêmes, et de la science appliquée chaque fois que l’on montre ou que l’onapprend l’usage qu’on peut en faire pour l’utilité des hommes.

On sait tout cela par routine, dira-t-on ; un ouvrier, ou même un chefd’atelier n’ont aucun besoin d’être chimistes ou mathématiciens, pour fa-briquer une étoffe. J’en conviens; mais si ces connaissances n’avaient pasété trouvées par quelqu’un, si le dépôt n’en existait pas dans la mémoiredes savants ou dans les livres qu’ils ont composés, les fabricants n’en au-raient jamais fait usage. Us peuvent fort bien ne savoir que îa partie .dessciences dont ils ont absolument besoin ; cette partie n’en est pas moins! une connaissance scientifique, et celte partie n’a souvent pu être portée àce point-là, que parce que des chimistes, des physiciens, des géomètres| de profession, ont étudié le système complet de ces connaissances, et ont| saisi les rapports de chaque loi naturelle avec les autres.

S; La science qui dirige les opérations de l’industrie est donc une partie[ essentielle des facultés industrielles. Aussi voyons-nous peu d’industrief chez les nations où les sciences sont négligées.

I II est même probable que l’industrie déclinerait là où les études scien-| tifiques cesseraient d’être florissantes. Supposons un moment que les sa-vants et les livres scientifiques que nous possédons fussent tout-à-coupanéantis, les arts iraient quelques temps par leur propre impulsion, maisils tomberaient bientôt dans une routine aveugle. Les bonnes théories