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Tome I.
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is de la J

DE QliOI SE COMPOSENT LES TRAVAUX DE L'INDUSTRIE. 93

Cette vérité n’avait point échappé à Bacon, qui a eu la gloire de les en-trevoir presque toutes. Ce passage du Novum Organum scientiarum estbeau ; il vaut la peine de vous être cité, et je ne suis pas fâché de m’appuyersur ce grand témoignage dans une opinion où je n’ai été précédé paraucun de ceux qui se sont occupés d’économie politique. Us ont tous re-gardé les savants comme des travailleurs improductifs.

« Il est, dit Bacon, trois genres comme trois degrés d’ambition. La« première est celle des hommes qui veulent jouir d’une supériorité ex-« dusive : c’est la plus vulgaire et la plus lâche. La seconde est l’ambition« des hommes qui veulent rendre leur patrie dominante au milieu de l’es-« pèce humaine : elle est sans doute plus élevée, mais elle n’est pas moins« injuste. Enfin celle qui s’efforce d’agrandir la domination de l’homme« sur la nature (si c’est là de l’ambition) est la plus saine et la plus au-« g'usle de toutes. Or, l’empire de l’homme sur les choses a pour base« unique les sciences et les arts ; car ce n’est qu’en étudiant les lois« nature que l’on peut parvenir à s’en rendre maître. »

C’est ainsi, messieurs, que les sciences sont comme la base des arts in-dustriels et des richesses. L’histoire ne nous présente point de peupleignorant, qui ait été riche et bien pourvu. 11 faut pour cela autre chose| encore que de la science, ainsi que vous le verrez tout à l’heure ; mais lascience est nécessaire ; elle est une condition indispensable de la produc-tion des richesses. Un sentiment confus le dit à tout homme médiocrementinstruit; de là, les encouragements et la protection que les sciences ren-contrent dans tous les pays civilisés. Mais ce qui n’était que vaguemententrevu, est démontré par l’analyse.

Les connaissances scientifiques ne suffisent pas, vous disais-je. En effet,

|l’utilité des choses ne naît pas uniquement des faits et des lois que lessciences nous découvrent. Dans tous les cours de chimie et de physique,on fait avec de l’oxigène, du magnétisme, de l’électricité, des multitudesd’expériences curieuses qui ne produisent pas pour un sou de richesses.|.L’utilité qu’on en peut tirer ne saurait naître qu’aulant que l’on connaît*en même temps quels sont les besoins des hommes, et qu’on sait appli-: quer telle expérience, qui jusque-là n’est que curieuse, à satisfaire un de(ces besoins. Lorsqu’un physicien d’Italie, M. Volta, découvrit et expliqua‘ le singulier phénomène que présente la pile de Volta, ce ne fut qu’une ex-périence curieuse. Appliquée par M. Davy au doublage des vaisseaux, elleest devenue extrêmement utile en offrant un moyen de conservation pourles feuilles de cuivre dont on les rouvre.