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Tome I.
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I)E QUOI SE COMPOSENT LES TRAVAUX DE L’INDUSTRIE. 97

Au moyen de cette analyse des fonctions de l’industrie, nous concevronsmieux ce qui a manqué à tel ou tel peuple, ce qui manque à tel ou telindividu pour être parfaitement industrieux.

Adam Smith se contente d’employer le mot de travail pour désignercet ensemble d’opérations qui compose l’industrie, opérations dont quel-ques-unes sont purement intellectuelles et d’un ordre très élevé. Ce termene paraît pas suffisant appliqué à tant d’actes si divers; et je n’en faisl’observation qu’en faveur de ceux qui voudront étudier cet auteur. Ilsseront prévenus que partout il applique indifféremment le nom de travailà toutes les ppérations que je viens d’analyser. Quant à nous qui, pourrépandre une plus grande clarté sur le sujet, nous attachons à préciserl’idée représentée par chaque mol, nous ne donnerons le nom de travailqu’à une même action continuée dans un but déterminé.

En décomposant, pour ainsi dire, les opérations de l’industrie, et envous montrant quelles sont les différentes classes de la société qui lesexécutent, je n’ai pas prétendu qu’elles dussent nécessairement être exé-cutées par différentes personnes. Un homme peut faire partie de plusieursclasses. Lorsqu’un agriculteur fait des essais de greffe ou de taille desarbres, pour obtenir de plus beaux fruits, il fait des recherches qui aug-menteront ses connaissances, sa science ; il cherche à les appliquer àl’usage de l’homme ; et il exécute lui-même ses conceptions. Il est, à vraidire, pour ce produit en particulier, savant, entrepreneur et ouvrier.

Nous en pouvons dire autant d’un teinturier qui fait des rechercheschimiques, ou qui emploie les connaissances qu’il a déjà, pour obtenir,par des mélanges, des couleurs plus vives ou plus solides ; ou qui dirigelui-même son combustible dans le but d’épargner la chaleur.

C’est à vous, messieurs, de faire les applications des opérations pro-ductives désignées, à tous les cas particuliers qui s’offriront à vous. L’es-sentiel est de savoir ce qui constitue les travaux industriels, c’est-à-direles actes où les perfectionnements peuvent être introduits.

Je vous ferai remarquer que l’entrepreneur d’industrie est l’agent prin-cipal de la production. Les autres opérations sont bien indispensablespour la création des produits ; mais c’est l’entrepreneur qui les met enoeuvre, qui leur donne une impulsion utile, qui en tire des valeurs. C’estlui qui juge des besoins et surtout des moyens de les satisfaire, et quicompare le but avec ces moyens ; aussi, sa principale qualité est-elle lejugement. Personnellement, il peut se passer de science, en faisant unjudicieux emploi de celle des autres; il peut éviter de mettre la main à

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