CLASSIFICATION DES INDUSTRIES.
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dans de petites boutiques. Tous ceux qui achètent en gros les produitsdes manufactures, pour les revendre au détail, font le commerce. La frui-tière qui achète aux gens de la campagne du beurre ou des légumes pourles revendre, fait le commerce. Les hommes qui portent de l’eau ou qui
I crient des fagots dans la rue, font le commerce. Ne méprisons aucune deces manières d’exercer les diverses branches de l’industrie ; car, je vous lerépète, il y a la plus parfaite analogie-entre elles, et c’est bien souventfaute de convenir de ces analogies, qu’on se forme de fausses idées surl’industrie des peuples. On juge qu’une nation n’a point d’industrie manu-§ faclurière, lorsqu’on n’y voit point d’immenses ateliers ; on croit qu’elle n’apoint de commerce, lorsqu’elle ne couvre pas les mers de ses vaisseaux.Vous aurez lieu au contraire, messieurs, de vous convaincre que, mêmechez les peuples les plus industrieux, les grands ateliers forment la moindre■ partie de leurs manufactures, et les navires nombreux la moindre partit;
■ de leur commerce.
J'ai déjà remarqué qu’une chose est un produit, même avant d’avoir ac-quis toutes les qualités qui la rendent propre à être consommée. Lesbarres de fer qui sortent d’une grosse forge, quoiqu’elles ne puissent im-médiatement satisfaire à aucun besoin, sont des produits ; car elles sont àl’usage de beaucoup d’artisans qui s’en servent dans les arts. Les outils detous les métiers sont des produits qui servent à en faire d’autres. Le blélui-même, qui dans nos climats est le plus important des produits, n’aqu’une utilité qui n’est pas achevée, puisqu’il doit, pour devenir entière-ment propre à nous nourrir, subir encore deux manipulations (celle dumeunier et celle du boulanger).
C’est ainsi qu’une chose, qui n’a pas encore subi toutes les transforma-j| lions qui la rendront propre à satisfaire les besoins où lesgoûls des hommes,| est néanmoins un produit en vertu des transformations qu’elle a déjà subies.| On a beaucoup disputé sur la prééminence des diverses industries commeI moyen de production. Aussi longtemps qu’on a cru que l’or et l’argent| étaient les seules richesses, on n’a attribué la faculté de produire des ri-| chesses qu’aux mines de métaux précieux. C’est en ce sens qu’on a dit que|| l’Amérique avait décuplé les richesses du monde ; dès-lors les pays qui nerenfermaient point de mines n’ont plus cherché qu’à tirer la plus grossepart des mines étrangères, en vendant le plus qu’ils pouvaient de leursproduits aux autres nations, et en achetant d’elles le moins possible. Sui-vant ceux qui soutiennent ce système, qu’on nomme le système exclusif\ou de la balance du commerce, il n’y a que le commerce, et même le coin-