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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE VIII.
merce avec l’étranger, qui puisse augmenter les richesses d’un pays quin’a point de mines.
Nous avons acquis déjà des notions assez sûres, relativement à la naturedes richesses et à la production des valeurs, pour sentir la fausseté de cesystème. Nous savons que la valeur qui se trouve dans une multituded’objets autres que les métaux précieux, est exactement de même natureque celle qui se trouve dans l’or et dans l’argent, puisqu’elle peut acquérirpar l’échange tous les mêmes objets que l’on peut acquérir au moyen deces métaux ; nous savons de plus, que celte valeur qui constitue nos pro-priétés, nos richesses, peut être le résultat des opérations de l’industrie agri-cole et de l’industrie manufacturière, comme de l’industrie commerciale.
Quand nous entrerons plus avant dans la manière de procéder des di-verses industries, vous verrez quels systèmes on a mis en avant, à diversesépoques, pour prouver, tantôt que l’or et l’argent étaient les seules ri-chesses réelles, tantôt que c’étaient les seuls produits de l’agriculture. Lesuns, ont prétendu que le commerce ne consistait que dans l’échange desrichesses produites, et qu’il 11e produisait rien par lui-même ; les autres,que l’opulence, au contraire, n’arrivait aux nations que par le commerce.Tous ces systèmes tomberont successivement, à mesure que nous sou-mettrons à l’analyse les diverses parties de l’économie des nations.
CHAPITRE VIII.
Des instruments généraux de l’industrie, et des fonds productifs.
Jusqu’ici, nous avons cherché à connaître ce que sont les produits del’industrie, et comment ils résultent de l’action industrielle. Pour entrerplus avant dans l’examen de cette action, nous devons maintenant prendreconnaissance des instruments que l’industrie est forcée d’employer.
L’industrie la plus grossière, celle du sauvage, ne saurait se passerd’instruments. Le sauvage a quelques armes pour atteindre les animauxdont il se nourrit ; il a des filets pour prendre du poisson, des outils pourfaçonner une hutte grossière, ou bien les étoffes dont il couvre quelquesparties de son corps. Dans un état civilisé où la propriété est plus assurée,et la production immense, les instruments de l’industrie sont bien plusnombreux et bien plus variés.
I)e ces instruments, les uns sont des trésors gratuits (pie la nature à