DES INSTRUMENTS I)E L’INDUSTRIE.
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mis à la disposition de l’homme, sans lui faire payer les secours qu’il entire. C’est elle qui lui procure des routes liquides sur l’Océan et des ventsdont le souffle fait avancer ses navires. C’est elle qui lui fournit la chaleurdu soleil à l’aide de laquelle ses végétaux mûrissent. C’est elle qui lui apréparé colle force de gravitation qui, faisant peser sur la terre la plupartdes corps, et même l’atmosphère, lui fournit un agent d’un pouvoir im-mense dans les arts : celui qui agit sur le piston de la machine à vapeur 1 .
Sans doute l’homme est obligé de préparer des agents artificiels, desmachines à l’aide desquelles il lire parti de ces agents naturels ; mais lesagents artificiels n’accomplissent pas tout le travail, et il y, a de la part desagents naturels, un service purement gratuit dont l’homme fait son profit.Le soufflet d’une forge, soit qu’il aille à bras ou par moteur, n’est pas uninstrument gratuit ; mais l’air qu’il puise dans l’atmosphère et qu’il versesur le feu, est un agent de combustion gratuit. La puissance des agentsnaturels se remarque encore dans la fermentation des liqueurs, dans leblanchiment des toiles, où l’industrie se repose jusqu’à un certain pointsur une action de la nature où elle n’a aucune part.
Comme les matières gratuites, comme les forces physiques appar-tiennent à quiconque veut s’en servir ; comme l’usage qu’un homme enfait n’empêche pas un autre homme d’en faire usage de son côté, etqu’elles 11e sont point des propriétés exclusives, nous les nommerons desinstruments naturels non appropriés , c’est-à-dire, qui ne sont pas devenusdes propriétés.
Ce ne sont pas là les seuls instruments que la nature fournit à l’hommeindustrieux. Elle lui offre le pouvoir productif de la terre cultivable ; ellelui offre des mines qui renferment des métaux, des marbres, des pierrescommunes ou précieuses, des provisions immenses de houille ou charbonde terre. Mais ces instruments, donnés par la nature, ainsi que 1 ^ pré-■ cédents, ont été susceptibles de devenir des propriétés. Certains hommess’en sont emparés à l’exclusion de tous les autres, et ces propriétés ont en-suite été reconnues par tous. Sans examiner ici à quel titre ces instru-ments naturels sont devenus des propriétés, nommons-les des instru-ments naturels appropriés.
Nous remarquerons seulement que si les instruments fournis par lanature étaient tous devenus des propriétés, l’usage n’en serait pas gra-
' Les instruments gratuits sont à la disposition du sauvage, aussi bien que del’homme civilisé, mais le premier ne sait, pas s’en servir.