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PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE VUE
luit. Celui qui serait maître des vents, nous louerait à'prix d’argent leurservice; les transports maritimes deviendraient plus dispendieux, et parconséquent les produits plus chers.
El d’un autre côté je vous ai déjà fait remarquer que si les instrumentsnaturels, susceptibles de devenir des propriétés, comme les fonds deterre, n’étaient pas devenus tels, personne ne se hasarderait à les fairevaloir, de peur de ne pas jouir du fruit de ses labeurs. Nous n’aurions àaucun prix les produits auxquels les fonds de terre concourent; ce quiéquivaudrait à une cherté excessive. Ainsi, quoique le produit d’un champsoit renchéri par le loyer du champ qu’il faut payer au propriétaire, ceproduit est cependant moins cher que si le champ n’était pas une propriété.
D’autres instruments ne sont pas de création naturelle ; ils sont le fruitd’une industrie antérieure; ce sont des produits, tels que les semencesproduites par l’industrie agricole, des drogues de teinture, du colon, quinous sont fournis par le commerce, des outils, des machines, des bâti-ments qui ont été construits, des bestiaux qui ont été élevés par les soinsde l’honnne. Nommons ces instruments, ou du moins ceux qui servent àune seule entreprise industrielle, un capital. Nommons valeur capitale ,la valeur totale qu’ils peuvent avoir.
Nous remarquerons que ces valeurs capitales sont des propriétés ; car,on n’en peut être le maître qu’autaut qu’on les a créées par le moyen desou industrie, ou autant qu’on a créé d’autres valeurs au moyen desquelleson a pu les acheter. Et il est fort avantageux qu’un capital soit une pro-priété exclusive; car autrement personne ne se donnerait la peine d’amas-ser des capitaux, cet instrument nécessaire de toute industrie manquerait.Ainsi, quoiqu’il faille qu’un industrieux paie un intérêt à celui qui lui four-nil le capital et que cette avance soit remboursée par le consommateur, leproduit qui en résulte est cependant moins cher que si le capital n’était pasla propriété exclusive de quelqu’un ; car alors l’instrument n’ayant pas eud’existence, la production n’aurait pas eu lieu ; et, encore une fois, il n’y apas de produit plus cher que celui que Ton ne peut avoir à aucun prix.
Rien ne fait mieux sentir l’avantage de Tordre et des lois, et l’absurdité detous les systèmes politiques fondés sur la violence qui se joue des proprié-tés particulières, et sur la communauté des biens qui ne les reconnaît pas.
Parmi les instruments naturels appropriés, le plus important est la terre ;cultivable. Divisée entre un nombre plus ou moins grand de propriétaires,elle forme ce qu’on appelle des fonds de terre, des propriétés foncières.
Lorsque sur un fonds de terre il se trouve des bâtiments, des granges,j