Band 
Tome I.
Seite
108
JPEG-Download
 

1 »!

PREMIÈRE PARTIE.

CHAPITRE VIII.

nielle insuffisante pour créer un produit, la met aux gages d’un autrehomme qui a la capacité industrielle de réunir ces différents moyens deproduction, et qui sous le nom de cultivateur, de fermier, de manufactu-rier, de commerçant, les fait servir à un but commun, à la création de telou tel produit; et toujours les moyens de production peuvent se réunir,quoique leurs possesseurs se trouvent séparés.

Copropriétaire foncier qui ne fait pas valoir sa terre lui-même, jouit néan-moins de la faculté productive qui est en elle, par le fermage qu’il en tire.

Le possesseur de capital (que l’on peut en raison de cela nommer uncapitaliste) prête son capital, et en tire un intérêt ;

L’ouvrier qui loue ses facultés personnelles, en tire un salaire;

Lorsque, sur un fonds de terre peu étendu, il se trouve beaucoup de va-leurs capitales (comme dans le cas où une propriété immobilière se composeprincipalement déniaisons, d’ateliers, de magasins, et non déterrés culti-vables) le loyer ne prend pas le nom de fermage, il conserve celui de loyer.

Cependant la création d’un produit quelconque est une pensée uniqueoù une multitude de moyens concourent à une seule fin. Aussi vient-elleen général dans une seule tète, celle de l’entrepreneur; et c’est lui quirassemble les moyens nécessaires. 11 fait concourir à son but jusqu’auxvolontés des hommes, telles que celles des travailleurs qu’il emploie, desprêteurs qui lui confient des fonds; et, quoique ces personnes-là n’aientpas formé le plan de l’œuvre productive et ne la dirigent pas, leur concoursn’en est pas moins indispensable ; l’entrepreneur est obligé de le réclameret de le payer; le travailleur, le capitaliste, font un sacrifice pour contri-buer à la production, et c’est à ce titre qu’ils prennent part à la valeurproduite. Le possesseur de facultés industrielles fait le sacrifice de sontemps et de ses peines ; le propriétaire foncier pourrait faire de sa terreun parc d’agrément, et il la consacre à la culture; de même, un capita-liste qui pourrait, s’il voulait, dissiper son bien pour son plaisir, le livre àun emploi productif. Par ce consentement, tous les possesseurs de fondsproductifs méritent le nom de producteurs. Le propriétaire d’un bienfonds produit indirectement par le moyen des facultés productives deson fonds ; le propriétaire d’un capital produit par le moyen de son capital ;de même que l’industrieux par le moyen de ses facultés industrielles.Vous ne serez donc pas surpris, messieurs, si je range les propriétairesfonciers et les capitalistes dans la classe des producteurs. En cette occa-sion, comme toujours, j’ai soin de préciser mes expressions, pour qu’onne puisse pas se méprendre sur mon sens.