Band 
Tome I.
Seite
109
JPEG-Download
 

DES INSTRUMENTS DE L’INDUSTRIE.

109

Mais si je nomme du litre de producteur le propriétaire d’un fonds deterre qui produit, je le refuse au maître d’un bien fonds qui reste en friche.Je l’accorde au possesseur d’un capital qui produit, quand même il ne feraitpas valoir ce capital par lui-même; mais non aupossesseur d’un capital oisif.

Quoique pour débrouiller et asseoir nos idées nous.ayons distingué lespropriétaires fonciers des capitalistes, et des hommes qui exercent l’in-dustrie dans tous ses grades, vous comprenez que les mêmes personnespeuvent réunir ces diverses qualifications. Rien n’empêche qu’un capita-liste n’exerce une industrie; qu’un industrieux n’ait en même temps des capi-taux et des terres qu’il donne à loyer; ni enfin qu’un seul homme ne réu-nisse en lui les différentes qualités dont une seule suffît pour qu’on lui donnele nom de producteur, ainsi que j’ai déjà eu lieu d’en faire la remarque.

Il est rare qu’un entrepreneur soit assez pauvre pour n’avoir pas enpropre au moins une partie de son capital. L’ouvrier même, qui en généralprend une part bien humble à la production, fournit une portion du ca-pital qui s’y trouve employé. Un compagnon maçon ne marche pas sanssa truelle ; un garçon tailleur se présente muni de son dé et de ses aiguilles.Tous sont vêtus plus ou moins bien. A la vérité, leur salaire doit suffire àl’entretien de leurs habits; mais le premier achat de ces habits n’en estpas moins un capital dont ils font l’avance.

Lorsque le fonds n’est la propriété de personne, comme les mers oùl’industrie va chercher du poisson, des perles, du corail, etc., on peutobtenir des produits avec de l’industrie et des capitaux seulement.

L’industrie et le capital suffisent également, lorsque l’industrie s’exercesur des produits d’un fonds étranger, qu’on peut se procurer avec descapitaux seuls; comme lorsqu’elle fabrique chez nous des étoffes de coton,et beaucoup d’autres choses. Ainsi, toute espèce de manufacture donnedes produits, pourvu qu’il s’y trouve industrie et capital ; le fonds de terren’est pas absolument nécessaire, à moins qu’on ne donne ce nom au localoù sont placés les ateliers ; ce qui serait juste à la rigueur. Mais si l’on ap-pelle un fonds de terre le local où s’exerce l’industrie, on conviendra du

' Chacun est libre de ne pas donner le nom de producteur au propriétaire d’unfonds de terre qui produit, au propriétaire d’un capital qui produit : mais, commeil est important de les distinguer des propriétaires d’un terrain ou d’un capitaloisif, je prie le lecteur de se contenter de cette expression tirée de l’analogie quise trouve, quant aux effets, entre eux et les producteurs industrieux. Ceux qui

ne pénétreront pas l’idée attachée ici au mot de producteur, ne comprendront

♦

pas plusieurs explications contenues dans cet ouvrage.