DES INSTRUMENTS DE L’INDUSTRIE. 111
Le Fonds général d’où sortent toutes les richesses d’une nation, se divise
;i en
;; Fonds de facultés industrielles,et
V: Fonds d’instruments de l'industrie.
Le fonds de facultés industrielles que, pour abréger, nous nommerons§ fonds industriel, embrasse les capacités industrielles, ou l’aptitude de?| concourir à la production, qui se rencontrent :
| Dans les savants, ou dépositaires quelconques des connaissances utiles ;g Dans les entrepreneurs d’industrie, qui se chargent d’appliquer lesmoyens de production à la satisfaction des besoins des hommes ;
Et dans les ouvriers et autres agents, qui font usage de leurs capacitésindustrielles sous les ordres des entrepreneurs.
Le fonds des instruments de l’industrie se divise en instruments non ap-propriés, et en instruments appropriés.
Ceux-ci se divisent en
Instruments naturels appropriés , et en Capitaux.
Tous ces fonds méritent d’être appelés productifs, puisqu’ils concourentà la création des produits. Ils font tous partie des biens, de la fortune deleurs possesseurs; les seuls instruments naturels non appropriés n’ontpoint de possesseurs; mais les produits qui en sortent, ou du moins cettepartie des produits qui peut être attribuée à leur concours, fait partie desrichesses sociales, ainsi que vous le verrez plus tard 1 .
Tous les autres fonds productifs ont des possesseurs.
Les facultés industrielles appartiennent à l’individu qui en est pourvu,excepté dans l’esclavage, où l’esclave n’est pas maître de sa force et de sestalents.
Les instruments naturels appropriés, tels que les terres, les cours d’eau,ont pour possesseurs ceux qui sont reconnus pour tels par les lois et leconsentement unanime.
' I)e ce que les instruments naturels non appropriés, tels que la chaleur dusoleil, la force du vent, n’étaient point payés et ne procuraient en conséquenceaucun revenu à aucun possesseur, la plupart des économistes ne les ont pointregardés comme productifs. Ils n’ont pas sans doute fait attention que le con-sommateur est plus riche de tout ce qu’il paie de moins pour jouir d’un produit;et que, ce qui n’est pas une dépense de production, ce que le consommateur n’estpas tenu de rembourser, est un gain pour lui, c’est-à-dire pour la société, quise compose de consommateurs et ne vit que par scs consommations.