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Tome I.
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PREMIÈRE PARTIE.

CHAPITRE IX.

Services industriels;

Services capitaux ;

Et services fonciers.

On ne peut pas plus se passer des uns que des autres ; et; s’ils sont ap-propriés, il faut obtenir du propriétaire du fonds la faculté de s’en servir,acheter ces services à prix défendu.

Je vous ai dit cjue les fonds productifs peuvent se louer. Vous remar-querez que donner à loyer un fonds productif, ou vendre le service d’unfonds productif, c’est la même chose. Quand je donne à bail une terre, jevends ù un fermier le service productif que cette terre est capable derendre pendant tout le temps du bail. Quand je prends un ouvrier à lajournée, il ne me vend pas le fonds de ses facultés industrielles ; il mevend seulement les services que sa capacité peut rendre durant le coursd’une journée'.

C’est ainsi qu’il faut entendre la vente et l’achat des services produc-tifs. (l’est communément un entrepreneur d’industrie qui est acheteur de-services productifs. Il achète des services, comme il achète des matièrespremières* *; il met tout cela en contact, en fusion, si je peux ainsi m'ex-pliquer; et c’est de cette opération que sortent les produits que Ton vendensuite aux consommateurs. Cela n’empêche pas que, dans beaucoup decas, les consommateurs n’achètent des services et ne les consommentimmédiatement pour leur usage. L’homme qui se fait raser chez un bar-bier, achète le service du barbier et le consomme sur le lieu même et àl’instant où il l’achète. Vous verrez, à mesure que nous avancerons, qu’iln’est aucune profession, chez, l’homme en société, qui ne trouve sa placedans le grand tableau de l’économie sociale.

Les services productifs étant suscept ibles d’échange, comme vous venezde le voir, ils ont un prix courant, de même que toutes les choses qui sontvendues ou achetées; et ce prix courant s’établit sur les mêmes bases

’ L'homme même qui achète un esclave n’achète pas tout le fonds des facultésindustrielles de l’esclave, puisqu’il est obligé de payer, en outre, son entretien,qu’on peut, considérer comme une espèce de loyer, une espèce de salaire.

* L’entrepreneur, en achetant des matières premières, peut être considérécomme achetant les services dont ces matières sont le résultat. Un fabricant dedrap, en achetant des laines, achète les services du fermier, du berger, du sol,du capital, qui ont produit des laines. Le fermier a fait l’avance de tous ces ser-vices; mais on lui rembourse celte avance en achetant son produit.