PREMIÈRE PARTIE.
CHAPITRE IX.
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(qui peuvent tous être représentés à nos yeux par les frais de productionque paie l’entrepreneur), et reçoivent en retour les produits , c’est-à-direune quantité quelconque d’utilité produite.
Remarquez, messieurs, la valeur de ces mots-là : En toute production,l’entrepreneur donne une valeur. A quoi se monte-t-elle ? à la totalité desfrais de production. Qu’avons-nous appelé frais de production? Le prixcourant des services productifs.
Il n’est pas question là-dedans, comme vous voyez, de la valeur desfonds productifs qui ont servi à la production. Ils ne sont point nécessai-rement altérés par l’œuvre productive. Quand une production véritableest achevée, le propriétaire du fonds de terre est encore en possession deson terrain ; celui du capital se trouve toujours possesseur de la mêmevaleur capitale ; les travailleurs enfin jouissent encore de leurs forces etde leurs talents. Dans ce grand échange qui constitue la production, il n’ya eu de définitivement consommé et détruit que les services rendus parles différents fonds productifs.
Je les dis détruits , parce que des services employés à créer un produitne peuvent être employés une seconde fois. Le même fonds peut servir denouveau, mais les services qui ont déjà été consacrés à une productionne peuvent concourir à en créer une autre. Le champ qui a donné au fer-mier la récolte de celte année, fournira l’année prochaine une autre ré-colte ; mais ce sera par un service nouveau. L’ouvrier qui m’a vendu sontravail d’aujourd’hui, pourra me vendre son travail de demain ; mais il nepeut me vendre une seconde fois son travail d’aujourd’hui.
L’entrepreneur de toute espèce d’industrie achète donc et consommedes services productifs 1 ; pour que l’échange soit effectif, il faut que lavaleur de tous les services détruits se trouve balancée par la valeur de lachose produite. Si cette condition n’a pas été remplie, l’échange a étéinégal; le producteur a plus donné qu’il n’a reçu.
Mais aussi, du moment que la valeur du produit a égalé la valeur desservices productifs, les producteurs ont été complètement indemnisés ; ilsont reçu tout autant qu’ils ont donné. Et, si vous les représentez tous par
1 L’entrepreneur n’est pas tenu d’acheter des services dont le fonds est à lui ;un propriétaire qui fait valoir n’achète pas, par un loyer, le service de son champ;mais il le paie néanmoins, ce service, en sacrifiant le loyer qu’il aurait pu tirerdu champ s’il ne l’avait pas fait valoir. Le même raisonnement peut être ap-pliqué aux services du capital et à ceux des hommes.