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PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE IX.
ceux qui, dans une nation, en recueillent le fruit? C’est d’abord l’inven-teur du produit où le perfectionnement a été opéré : en créant une plusgrande quantité d’un produit qui n’a pas baissé de prix, il ne débourseque la même valeur, et reçoit en échange une valeur plus grande. Et lorsmême que la connaissance du procédé se répand, et que la concurrencea fait baisser le prix du produit au niveau de ses frais de production,l’avantage est obtenu ; seulement c’est le consommateur, c’est le publicqui en profite. Il obtient une plus grande quantité de produits, d’utilitéproduite, à proportion des sacrifices qu’il est obligé de faire pour lesobtenir.
Cette expression : une plus grande quantité d'utilité produite , exigequelques éclaircissements. Elle signifie indifféremment, ou des produitsen plus grande quantité, ou des produits de meilleure qualité. Lorsquedes frais de production valant six francs, par exemple, me donnent, aulieu d’une paire de bas, deux paires aussi bonnes que la première, j’obtiensune double quantité d’utilité. Si, au lieu d’une paire grossière et peu du-rable, les mêmes frais m’en donnent une capable de durer le double, ouqui soit deux fois aussi belle, j’obtiens de même une double quantitéd’utilité à consommer, car, dans l’un ou l'autre cas, je dispose d’une doublesomme de jouissances.
L’utilité que les choses ont pour nous est de diverses sortes. Certainsbas nous sont utiles parce qu’ils sont chauds, d’autres parce qu’ils sontsouples, d’autres parce qu’ils satisfont plus ou moins notre amour-propre.
La quantité d’utilité peut n’être pas augmentée sous un certain rapport,et l’être sous d’autres ; mais, de manière ou d’autre, j’appelle quantitéd’utilité , cette faculté de pouvoir servir, sous quelque rapport que ce soit ;et je dis qu’on a doublé l’utilité obtenue de tels ou tels services productifs,lorsqu’on a tiré de ces services une quantité de produits une fois plusgrande, ou bien une qualité une fois meilleure.
Un progrès parfaitement semblable est celui qui, pour obtenir la mêmequantité d’utilité, vous permet de dépenser moins en services productifs.
Si, avec des services productifs qui valent 3 fr., j’obtiens une paire de basdont les frais de production montaient auparavant à 6 fr., c’est tout commesi, avec des services productifs de 6 fr., j’obtenais deux paires de bas aulieu d’une.
Je me flatte que vous voyez clairement, messieurs, quels sont les avan-tages que les consommateurs, c’est-à-dire la société en général, recueillentdes progrès de l’industrie. Beaucoup de personnes qui ne veulent pas com- i