ÉCHANGE DES FRAIS CONTRE LES PRODUITS.
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prendre <pùiue milité créée, du moment qu’elle est appréciée, est une ri-chesse créée, et qu’une richesse nouvelle est un avantage qui peut êtreacquis par la société sans rien coûter à qui que ce soit, s’imaginent queles producteurs, dans ce cas, perdent ce que les consommateurs gagnent.C’est une erreur, vous ai-je dit. Nous en aurez, la démonstration complète;et cette importante démonstration est destinée à recevoir beaucoup dedéveloppements.
Pour vous en laisser entrevoir dès à présent les fondements, je me bor-nerai à vous dire que, lorsqu'un entrepreneur d’industrie (et ce mot doit re-présenter pour vous tous les producteurs réunis d’un produitquelconque,puisque c’est lui seul qui l'ail toutes les dépenses et toutes les recettes),lors donc qu’un entrepreneur d’industrie a obtenu plus de produits pourles mêmes frais de production, il peut, sans qu’il en résulte pour lui lemoindre préjudice, donner le produit pour le même prix qu’il l’a obtenu(en comptant toujours, comme de juste, le profit ordinaire de son indus-1 rie au nombre des frais nécessaires). Tellement qu’un producteur quiest parvenu à faire pour 3 fr. une paire de bas qui en coûtait 6, peut ladonner pour 3 fr., c’est-à-dire pour tout autre produit qui aura coûté deson côté 3 fr. de services productifs. Il est évident que les consommateursde bas, vous et moi, quel que soit le métier auquel nous nous appliquons,nous aurons à douner, pour nous pourvoir de bas, la moitié moins de nosservices productifs.
En supposant que nous fabriquions une étoffe, des mousselines par exem-ple, qui nous reviennent à 3 fr. l’aune; nous étions obligés d’en fabriquer etd’en vendre deux aunes pour, avec notre produit, être en état d’acheter unepaire de bas ; et nous ne sommes plus obligés d’en fabriquer et d’en vendreau delà d’une aune pour obtenir la même paire. Nous avons des bas pourla moitié moins de nos services productifs, quel que soit l’objet auquel ilsS'appliquent. Et, si les mêmes progrès avaient lieu pour tous les produits,tout le monde obtiendrait tous les produits pour moitié moins de frais ;ou bien , en supposant que l’on voulût consacrer à la production la mêmequantité de travail et la même somme en capitaux, on aurait le doubled’utilité produite; on serait une fois mieux pourvu pour les mêmesfrais.
Cela vous fait voir, messieurs, l’avantage que trouve une nation à mul-tiplier ses produits sans multiplier ses frais ; ou, ce qui revient au même,a diminuer ses frais, sans diminuer ses produits, sans diminuer les quan-tités d’utilité produites. C’est ce qui montre qu’une diminution de frais de