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PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE X.
Remarquez, je vous prie, que, quoique la valeur capitale soit conservée,les produits dont le capital se compose sont bien véritablement consommésselon toute la rigueur du mot; car l’utilité qui se trouvait en eux est dé-truite. Quand la couleur de l’indigo a passé dans du drap bleu, l’indigo,comme drogue de teinture, ayant une valeur, a été véritablement con-sommé, puisqu’il n’a plus conservé aucune valeur échangeable.
Après ces considérations générales sur la nature et le service du capi-tal, suivons les traces de la valeur capitale dans les t rois grandes branchesde l’industrie, et observons de quelle manière cette valeur se conserve,en même temps que l’objet dans lequel elle résidait temporairement estconsommé; commençons à puiser notre exemple dans une entrepriseagricole.
Un fermier, pourvu d’un fonds capital suffisant pour exploiter une terre,en transforme une partie en chevaux, en vaches, en troupeaux, en instru-ments aratoires, en graines pour semences. Les choses qu’il achète ontleur entière valeur; il les achète selon leur prix courant; s’il voulait lesrevendre immédiatement, il les vendrait ce qu’elles lui ont coûté ; la valeurcapitale n’est donc point altérée par cet achat; il a fait l’avance de soncapital, et celte avance est pour ainsi dire rentrée sous forme de bestiaux,de semences, etc.
Sous celte dernière forme il fait travailler son capital ; c’est-à-dire il fa-tigue scs chevaux ; il fait paître, couvrir, tondre ses brebis, etc. Une partiedes vieilles matières du capital, les vieux chevaux, les vieilles brebis, nevalent plus à la fin de l’année autant qu’ils valaient au commencement.Mais, si le capital s’est détérioré d’un côté, il s’est recruté d’un autre. Letroupeau a fourni de nouvelles brebis; les chevaux en labourant, et parleur fumier, ont fait pousser du grain, dont une partie a fourni de quoientretenir au complet celte portion du capital. Vous voyez que l’emploiqui en a été fait n’a été qu’une avance, c’est-à-dire que l’avance a consistédans la valeur véritablement consommée, et la rentrée dans la valeur re-produite.
On en peut dire autant des instruments aratoires, des charrues, deschariots, des herses, des rouleaux. La portion de ces valeurs qui s’esttrouvée altérée par l’usage, a été entretenue par une portion de la valeurdes produits; et, si la ferme a été bien tenue, celte partie du capital vautencore autant à la fin de l’année qu’au commencement; l’usure des outilsn’est donc encore qu’une avance qui a été faite.
Une autre partie du capital du fermier a servi à payer des salaires à des