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Tome I.
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NATURE ET EMPLOI DES CAPITAUX.

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journaliers, et l’entretien de sa propre famille; mais les travaux de toutce monde ont contribué à la création de la valeur produite, et une portionde la valeur produite a procuré la rentrée de cette avance.

Dans l’exploitation qui nous sert d’exemple, il y a une portion de capi-tal dont la consommation est plus lente encore que celle des instrumentsd’agriculture ; mais celle-là n’appartient pas en général au fermier : ellefait partie du capital du propriétaire. Ce sont les clôtures, les canaux d’ir-rigation, les bâtiments, etc. Je dis que c’est encore là une portion du ca-pital et non du fonds de terre, qui sert à la même opération productive ;car ces choses-là sont, non pas desinstruments naturels, comme les champs,mais des produits qui ont été acquis par un échange que le propriétaire afait précédemment d’une valeur capitale contre des matériaux, des tra-vaux de maçons, de charpentiers, etc. Et de cet échange sont résultés desétables, des granges, des produits en un mot, et des produits consom-mables; je dis consommables, car, supposez qu’on ne fasse aucune dé-pense pour les entretenir; au bout de quelques années, d’un siècle si vousvoulez, toutes ces choses n’auront plus aucune valeur, et la terre où ellessont ne vaudra pas plus qu’elle ne valait avant que ces constructionsfussent érigées. Ce serait une terre en friche sur laquelle il faudrait, surnouveaux frais, répandre des valeurs capitales pour la mettre en état deproduire.

Chaque année, il ne se consomme qu’une faible portion de cette valeurcapitale. Elle serait au bout de l’an aussi considérable qu’au commence-ment, si ce n’étaient les dégradations qui proviennent de l’usage qu’on enfait. Mais aussi cet usage multiplie les valeurs produites, et fournit de quoiy faire des réparations qui entretiennent cette portion immobilière ducapital de la ferme toujours dans son entière valeur’. Encore ici vousvoyez que la portion consommée n’est qu’une avance, dont les produitsprocurent la rentrée.

Tôut ce que je prétendais vous prouver, messieurs, c’est que le capitalemployé dans une entreprise agricole est une valeur que l’on consacre à

' Comme la portion du capital d’une entreprise agricole qui consiste en bâti-ments, etc., appartient en général au propriétaire du fonds de terre, c’est ce pro-priétaire qui fournit annuellement, par des réparations, à l’entretien de cetteportion de la valeur capitale. Mais comme les bâtiments, etc., servent à multiplierles productions annuelles du fermier et augmentent le loyer qu’il paie, ce sonttoujours les productions annuelles qui entretiennent ce capital.

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