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Tome I.
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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE X.

une avance; que cette avance est consommée dans le cours des opéra-tions productives, et qu’elle est remboursée par le produit de ces opé-ralions.

Suivons maintenant l’emploi d’un capital dans une opération manufac-turière. Nous aurons lieu de faire des observations absolument analogues.

Pour exploiter une filature de colon, on élève des bâtiments, on exé-cute des travaux hydrauliques. La valeur capitale est échangée contre cesconstructions, qui sont des produits de l’industrie humaine; la consomma-tion annuelle de celte portion du capital, est égale à la détérioration, à laperte de valeur que ces constructions subissent chaque année. Les pro-duits annuels, en fournissant aux réparations annuelles, remboursentcontinuellement cette portion consommée du capital.

Une autre portion du capital est employée en mécaniques à prépareret à filer le coton. Cette portion du capital est également consommée par-tiellement dans l’année ; et la partie consommée (sons peine de voir s’al-térer, c’est-à-dire diminuer le capital) est remplacée par une partie de lavaleur produite. Voilà donc encore une valeur consommée et reproduite,avancée et rentrée.

Le manufacturier achète du coton en laine ; il le consomme en le tra-vaillant; c’est-à-dire que, dans le cours des préparations qu’il lui fait subir,s’il ne le dénature pas tout à fait, du moins le met-il dans un état où il n’estplus marchand et vendable ; mais semblable à la semence de froment, cecoton reparaît bientôt sous la forme de colon filé ; dès lors, c’est unemarchandise, un produit, qui a une valeur courante, et qui restitue lavaleur capitale consommée pour le produire.

Les travaux des ouvriers, des contre-maîtres, des commis du manufac-turier, sont consommés, comme nous avons vu que l’étaient les servicesproductifs des valets de la ferme, et ces avances sont remboursées par unepartie de la valeur du produit 'qu’on a créé. Vous voyez que toujours l’em-ploi du capital est l’achat d’une valeur que l’on consomme et qui vousest remboursée par le produit.

Si le produit ne suffit pas pour rembourser toutes les avances qui ontété faites, il se trouve qu’alors une partie du capital a été consommée im-productivement, au lieu de l’avoir été reproductivement.

C’est ainsi que les capitaux sont, entre les mains de l’industrie, trans-formés, tourmentés de mille manières, dans de petites comme dans degrandes entreprises. Il suffit de jeter les yeux autour de soi pour en trouver