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Tome I.
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PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE X.

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capital en numéraire, on effectuera plus aisément les nouvelles trans-formations (ou si l’on veut les achats) qui conviendront à l’entreprise.

Qu’est-ce que cela nous prouve? Qu’à chaque époque où Ton emploieune valeur capitale, on la met sous la forme qui convient le mieux au butqu’on se propose. Veut-on faire des achats? on réduit son capital en es-pèces. Veut-on faire des spéculations, des envois? on le réduit en mar-chandises, en objets d’exportation. Veut-on faire une manufacture ? on letransforme en bâtiments. Sous ces diverses formes, un capital n’est ni plusni moins un capital ; c’est la valeur de toutes ces choses (pourvu qu’ellene soit pas destinée à une consommation stérile où elle disparaîtrait) quiconstitue le capital. La forme sous laquelle se présente la valeur capitale,n’y fait rien, pourvu que cette valeur se perpétue.

Vous voyez, messieurs, que les capitaux que renferme un pays ne con-sistent donc pas uniquement dans les sommes d’argent qui s’y trouventLes seules sommes qui fassent partie des capitaux d’un pays, sont cellesque Ton réserve pour acheter des choses destinées à être consomméesreproductivement, parce qu’alors la valeur de ces écus ne se dissiperapas : elle demeurera un fonds ; elle ne fera que changer de forme. Maisles sommes d’argent qui nous viennent de nos profits, de nos revenus, etqui sont destinées à subvenir aux besoins de nos familles, ne font partied’aucun capital : ce sont des valeurs qui sont provenues originairementd’un revenu, et qui feront partie delà consommation stérile, sans jamaisêtre aucune portion de capital. S’il y a deux milliards de numéraire enFrance, et s’il y en a la moitié habituellement employée à l’entretien desfamilles, il n’y a sur le numéraire de France, qu’un seul milliard qui fassepartie de ses capitaux.

Mais, d’un autre côté, les capitaux de la France se composent de biend’autres valeurs encore que de celle de son numéraire. Si vous vouliezsavoir à combien ils se montent, vous devriez interroger tous les entrepre-neurs d’industrie que la France renferme, depuis le gros armateur quicouvre les mers de ses navires, jusqu’au plus petit fabricant d’allumettes,et savoir d’eux à combien se monte le capital qui fait aller leur entreprise.En additionnant toutes ces sommes, vous auriez la somme des capitauxfrançais. Mais je vous avoue que je n’qi vu jusqu’à présent aucun livre destatistique qui m’ait offert une approximation tolérable sur la somme ca-pitale de quelque pays que ce soit.

Ici une question se présente : si la production, si la création des nouvelles