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Tome I.
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NATURE ET EMPLOI DES CAPITAUX.

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escompteccs effets; l’escompteur alors est le capitaliste qui prête les va-leurs effectives dont il fait l’avance, valeurs qui résident soit dans des cens,soit dans des marchandises.

Le manufacturier qui achète à crédit des matières premières, emprunteà son vendeur la valeur de ces marchandises pour tout le temps où cedernier lui fait crédit; et, celle valeur qu’on lui prête, lui est fournie enmarchandises qui sont des valeurs matérielles.

Or, si l’on ne peut prêter et emprunter une portion de capital qu’enobjets effectifs et matériels, que devient celte maxime que le crédit multi-plie les capitaux ? Mon crédit peut bien faire que je dispose d’une valeurmatérielle qu’un capitaliste a mise en réserve ; mais, s’il me la prête, ilfaut qu’il en demeure privé ; il ne peut pas en même temps la prêter à uneautre personne ; la même valeur ne saurait servir deux fois en mêmetemps ; l’entrepreneur qui emploie cclte'valeur, qui la consomme pouraccomplir son opération productive, empêche qu’aucun autre entrepre-neur puisse l’employer dans la sienne.

Les capacités industrielles, les talents acquis que l’on peut considérercomme des capitaux, dont on retire l’intérêt en tirant parti de son talent,sont eux-mêmes attachés à des êtres matériels, puisqu’ils font partie d’unepersonne visible ; mais ils ne son t pas transmissibles, car on ne peut vendresa personne et la céder définitivement; on ne peut que la louer; elle com-pose un fonds que nous avons nommé fonds de facultés industrielles oufonds industriel , qui rapporte un revenu, mais qui est inaliénable.

Les seuls capitaux que je sache être immatériels, sont la clientelle, lachalandise d’un magasin, d’un cabinet, d’un journal. On peut aliéner, oupeut vendre un capital de cette espèce; mais celui qui le vend ou qui leprêle, ne saurait le vendre ou le louer à plusieurs personnes à la fois. Detoute manière, une valeur capitale ne peut servir en même temps à plu-sieurs personnes ; l’usage que l’une d’elles en fait, empêche que d’autresn’en lassent usage en même temps. On ne la prête à un homme qu’à l’exclu-sion de tous les autres ; d'où il suit que le crédit, la possibilité de prêteret d’emprunter, ne multiplie pas les capitaux.

Quels avantages procure donc le crédit ? Les voici : Il procure à celuiqui manque de capitaux la disposition des capitaux de celui qui ne veutpas, ou qui ne peut pas les faire travailler par lui-même. Il empêche lesvaleurs capitales de demeurer oisives. Si un fabricant de drap ne vendaitpas ses draps à crédit au marchand de drap, l’étoffe attendrait dans lamanufacture. La confiance accordée au marchand met plus vile celte