NATURE ET EMPLOI DES CAPITAUX.
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première et de ses autres frais; s’il ne peut vendre son sucre, ou du moinsen être payé qu’un mois plus tard, chaque opération occupe son capitaltrois mois, et avec le même capital il peut faire quatre opérations de sonmétier par année.
Ce n’est pas à dire qu’il ne fasse que quatre opérations par an. Il n’estpas obligé, s’il a des capitaux, des ateliers, des ustensiles, des ouvriers enquantité suffisante, d’attendre qu’une opération soit terminée pour en en-treprendre une autre. Il peut en commencer une nouvelle chaque jourpour durer quatre mois. Je veux dire seulement, qu’anec le même capital,il n’en fera que quatre par an ; que s’il en veut faire huit, il faut avoir unevaleur double en capitaux ; s’il en veut faire douze, une valeur triple, etainsi de suite.
11 y a des opérations productives, comme le tannage des cuirs, qui oc-cupent leur capital circulant plus d’une année. Beaucoup de spéculationscommerciales sont dans le même cas, surtout celles qui se font dans lespays lointains.
Lorsqu’un capitaliste, après avoir employé ses fonds sous toutes lesformes où ils peuvent produire, les transforme par des ventes en monnaie,il appelle cela réaliser , comme si une valeur était plus réelle en espècesqu’en toute autre marchandise d’une vente courante et facile ; et comme sile même capitaliste, sous peine de ne retirer aucun revenu de ces mêmesfonds, ne désirait pas lui-même les transformer de nouveau en des chosescapables de porter du profit '.
1 Les prémisses posées dans ce chapitre et dans les précédents servent depoint de départ aux idées exposées par Fréd. Bastiat, dans ses Harmonies écono-miques , sur l ’échange des services et les utilités gratuites, mais ce n’est point icile lieu d’examiner si cet auteur n’a pas commis quelques erreurs dans les déve-loppements auxquels il a été entraîné. J.-B. Say attachait un grand intérêt àcette théorie; il y revenait souvent dans son enseignement oral, en la dévelop-pant plus qu’il n’a cru le devoir faire ici. Les passages suivants sont extraits desnombreux travaux qu’il a laissés, et la sensation produite par l’ouvrage de Bas-tiat est un motif suffisant pour leur faire prendre place ici :
« Les services productifs sont quelquefois coûteux, comme c’est le cas pourle travail d’un homme; quelquefois gratuits, comme c’est le cas pour le souffle desvents. Si nous trouvons le moyen d’obtenir une utilité qui ne nous coûte rien ,nous obtenons (la société obtient), une richesse qu’elle n’est pas obligée de payer.Le service que rend une force gratuite de la nature ne suffit pas, à la vérité, pour