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Tome I.
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PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE XI.

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avaient ne leur épargna peut-être que la moitié de ce que leur auraientcoûté des métiers entièrement neufs. Il y eut bien d’autres pertes danscette affaire, provenait du changement des habitudes, de l’incapacité desouvriers pour un nouveau travail, de la difficulté d’établir de nouveauxdébouchés', etc. Mais ce n’est pas ici le lieu de s’en occuper.

La valeur des améliorations, des constructions, des clôtures, faites surun fonds de terre, est encore un capital engagé. Ce sont les capitaux lesplus solidement acquis à une nation. Un négociant peut facilement trans-porter son capital dans l’étranger : il lui suffit d’acheter et d’emporter desmarchandises dont l’extraction est permise. Mais un défrichement, undessèchement, sont un avantage, une valeur qui reste. On ne voit plus detraces de la brillante existence de plusieurs villes autrefois riches de leurgrand commerce, tandis que la Lombardie, tandis que la Flandre, malgréles guerres prolongées dont elles ont été si souvent le théâtre, sont en-core au nombre des contrées les mieux cultivées et les plus populeusesde l’Europe.

On appelle capital circulant celui qui change nécessairement de formepar la production même ; celui dont la forme matérielle périt et renaîtdans le cours des opérations productives ; celui dont l’avance et les retoursse succèdent pour recommencer de nouveau. Tel est presque tout le capi-tal d’un commerçant. A peine une partie de ses fonds rentre-t-elle, qu’ill’emploie de suite en marchandises ; il expédie ces marchandises, les vend,en rachète d’autres, vend celles-ci, et recommence. Son capital circuletoujours, passe d’une matière dans une autre.

Dans les manufactures, le capital circulant est la portion du capital donton achète des matières premières, qui se transforment en produits, dumontant desquels on achète de nouveau des matières premières que l’ontransforme encore en produits, et ainsi de suite.

Les avances que le manufacturier fait en payant un salaire à ses ou-vriers, sont une partie de son capital circulant. Il en achète des servicesproductifs : voila une transformation. Il change ces services en une valeurqui s’incorpore dans le produit qu’il fabrique : voilà une autre transfor-mation. Il vend ses produits : c’est encore une transformation. Avec Tar-

1 La situation choisie pour une fdature de cotou est fort différente de cellequi convient à une filature de laine; mais une autorité arbitraire et passionnéetient peu de compte des considérations économiques.