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Tome I.
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CLASSIFICATION DES CAPITAUX. 141

gent qu’il en lire, il achète de nouveaux services productifs, et ainsi desuite.

Enfin, pour achever la classification des capitaux productifs, nous avonsles capitaux immédiatement productifs d’utilité et d'agrément-, productifsde produits immatériels, de produits qui ne s’attachent et ne s’incorporentdans aucune substance matérielle.

Lorsqu’un propriétaire fait bâtir une maison d’habitation, il ne sortirade cette maison aucun produit que l’on puisse porter au marché; mais ilen sortira, à toute heure, une utilité qui est un produit fort appréciable,puisque le propriétaire peut vendre cette utilité de tous les instants (cequ’il fait quand il tire un loyer de sa maison) ; ou bien il peut la consommerlui-même (ce qu’il fait lorsqu’au lieu de louer sa maison, il en fait sonhabitation). Cette portion de son capital n’est donc pas improductive, bienqu’elle ne concoure à la formation d’aucun produit matériel.

Une capacité acquise, un talent, peut être assimilé à un capital productifd’utilité ou d’agrément. Ce capital est égal aux dépenses qu’on a faitespour se mettre en état de rendre un service. Un médecin, afin de pouvoirdonner un conseil utile, a avancé des sommes quelquefois assez fortes,dont il ne sort qu’un produit immatériel, une utilité consommée aussitôtque produite. Il en est de même d’un musicien qui s’est mis en état d’exé-cuter un concerto. Son talent est un capital placé en viager, et le produitqu’il en tire se vend et se consomme à mesure qu’il est produit, par lesspectateurs qui assistent au concert.

Remarquez qu’on aurait beau changer les termes, comme le faitexiste, comme il se passe tous les jours sous nos yeux, on ne peutpas le disputer. On peut lui donner d’autres noms ; mais la chose estdécrite.

Tous les biens mobiliers qui sont à l’usage d’une famille, font partie descapitaux productifs d’utilité ou d’agrément. L’utilité qu’ils sont capables derendre est journellement consommée par la famille. Lorsqu’on laisse alté-rer ce capital, lorsqu’il n’est pas entretenu dans son entière valeur, alorsla famille a consommé, en même temps que l’utilité journellement pro-duite, une portion du capital lui-même. C’esl ce qui arrive, lorsqu’un pro-priétaire laisse dépérir la maison qu’il habite; Si cette maison a coûté40 mille francs, il consomme en l’habitant le service de ce capital repré-senté par le loyer qu’il en pourrait tirer et qu’il n’en tire pas, service quel’on peut évaluer autant que l’intérêt de 40 mille francs. Mais si, en outre,la maison ne peut plus, au bout d’un certain nombre d’années, se revendre