DES CAPITAUX PRODUCTIFS.
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faut que le capital reste oisif; et, ce qui n’est pas moins fâcheux, le maîtreet ses gens demeurent dans l’oisivité par la même raison. Les hommeset les capitaux perdent alors leur temps.
Ce malheur arrive plus souvent là où la sécurité, la liberté et l’aisancen’habitent pas.
Le défaut de sécurité et de confiance engage souvent les possesseursde capitaux disponibles à ne pas les faire valoir, de peur de les compro-mettre. Ils aiment mieux perdre les intérêts, que de hasarder le principal.Il arrive fréquemment que la Banque de France a en dépôt des sommesconsidérables, dont elle ne paie point d’intérêt, qu’elle garde en nature etqu’on lui laisse, simplement parce qu’on les croit plus sûrement gardéesentre ses mains. On sait qu’elle n’y touchera pas, qu’il n’entre point dansson plan de se livrer à aucune opération industrielle; car, indépendam-ment de la malhabileté qu’on peut mettre à les conduire, il y a toujoursquelque incertitude dans l’issue de toute sorte d’entreprise.
Il est.vrai que les capitalistes sont quelquefois fondés à se défier, soitde leur propre capacité, soit de celle des entrepreneurs qui sollicitent defaire valoir leur fonds. Quand les capitalistes sont gens capables et con-naisseurs en industrie, ils risquent moins ; ils savent mieux ce qu’ils font,et jugent mieux ce que font les hommes auxquels ils sont obligés de seconfier; on peut donc se hasarder à dire que, s’il importe de donner del’industrie à la pauvreté, il importe encore plus d’en donner à la richesse.
Aux époques où la sécurité était moins grande que de nos jours, autemps de la chevalerie et de la féodalité, il y avait, non pas plus de capi-taux oisifs, car, au total il y avait moins de capitaux, mais en proportionde ceux qui existaient, il y en avait plus d’inoccupés, parce qu’il y avaitmoins d’oCcupations, moins d’industrie ; mais comme en même temps ily avait moins de sécurité, on réduisait en argent ou en or les valeurs qu’onamassait, et l’on cachait son trésor, on l’enfouissait. Adam Smith fait laremarque qu’au milieu des rapines et des exactions du moyen-âge, il fallaitque ce fût une pratique bien générale, puisque les souverains regardaientcomme une branche de leurs revenus la découverte des trésors. On lamettait sur le même pied que la découverte des mines d’or et d’argent.Les trésors trouvés n’appartenaient ni à celui qui en faisait la découverte,ni au propriétaire du sol, mais au prince. Le propriétaire n’y avait droitqu’autant que son titre en contint la clause expresse.
Beaucoup de romans et de comédies des époques qui suivirent, sontfondés sur des trésors trouvés; moyens qui sont maintenant dédaignés
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