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Tome I.
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DK LA FORMATION DES CAPITAUX.

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Les capitaux se transmettent des pères aux enfants, d’un entrepreneurà un autre ; mais originairement ils n’ont pu se former que d’une seulemanière : par l'application qu’on a faite d’un produit nouveau à Mne con-sommation reproductive. Je vais m’expliquer.

Vous n’avez pas perdu de vue, messieurs, que la consommation est ladestruction de valeur qui réside en un produit. Cette destruction est iné-vitable : tout produit est destiné à la consommation ; il n’a été créé quepour être consommé ; il n’est demandé, il n’a une valeur, conséquem-ment , que parce qu’il est susceptible de servir à un usage qui détruiracette valeur. On croirait pouvoir en conclure qu’il est impossible de con-server, d’accumuler la valeur d’un produit, et de l’ajouter à la valeur ducapital que l’on possède. Et, en effet, quand nous consommons un pro-duit dans Tunique but de recueillir la jouissance qui accompagne sa con-sommation, il n’y a point de valeur accumulée. Une valeur avait été créée;elle a été détruite pour notre satisfaction ; la masse générale des richessesn’est ni plus ni moins considérable qu’auparavant.

Mais nous pouvons avoir besoin d’un produit pour atteindre un autrebut que notre jouissance actuelle. Nous pouvons le souhaiter, Tacheteret le consommer, dans le but de produire une nouvelle portion de richessequi se trouvera suffisante, non-seulement pour nous rembourser notreavance, mais pour nous donner en outre un intérêt proportionné au tempsque l’opération aura duré, et un profit proportionné à la peine que nousaurons prise, à l’intelligence que nous aurons déployée dans la conduitede cette opération. C’est ainsi qu’un teinturier consomme de l’indigo ou dela cochenille pour colorer ses étoffes. Ce n’est point pour son plaisir, cen’est point pour jouir, qu’il consomme ces produits ; il les détruit néan-moins; mais en les détruisant, il fait passer leur valeur dans un autreproduit (qui est l’étoffe) ; il perpétue la valeur qu’il consomme, de manièreque celte consommation n’est'plus qu’une avance. Dès lors, la valeur ainsiconsommée devient une portion de capital. Or, quand un produit nouveau(ou le prix qu’on en a tiré) est capitalisé de cette manière, vous comprenezqu’il y a une portion de capital de plus dans le monde.

Si je produis, par les moyens ordinaires que je vous ai développés, unhectolitre de blé, je produis une valeur égale à 20 francs plus ou moins.Si je consomme ce blé pour ma nourriture ou celle de ma famille, je dé-truis une valeur de 20 francs qui avait été créée ; rien n’est changé à moncapital. Mais si je consomme reproductivement cet hectolitre de blé ; sij’en nourris des valets qui labourent ou des maçons qui bâtissent, je fais