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Tome I.
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DE LA FORMATION DES CAPITAUX.

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Lorsque ensuite un entrepreneur d’industrie veut faire servir dans sonentreprise les capitaux formés par l’épargne, il s’occupe à échanger le pro-duit épargné contre le produit susceptible de seconder son dessein. Alorss’établit une demande des produits capables d’être employés à une opé-ration industrielle ; et cette demande est aussi favorable aux producteurs,est un encouragement aussi puissant pour l’industrie, qu’une demande quel’on ferait pour la consommation improductive. Les choses que l’on con-somme reproductivement sont aussi bien des produits de l’industrie hu-maine que celles qui embellissent une fête. Des matières premières sontdes produits, des ustensiles sont des produits, et le salaire dont on achètele travail des ouvriers, est employé par les ouvriers à acheter des ali-ments, des vêtements, qui sont des produits aussi.

La situation de chaque peuple, son génie, la nature du sol, le climat, laposition géographique du pays, déterminent communément l’espèce deproduction à laquelle il s’adonne, et par conséquent la forme que prennentles valeurs qu’il accumule ; car on a soin de les transformer en objetspropres à (a production du pays. Sur les bords de l’Ohio où vont s’établirdes familles qui forment de nouvelles fermes, de nouveaux villages, desvilles, des États nouveaux, les valeurs journellement épargnées ne semontrent jamais en sacs de mille francs : elles se manifestent dans de nou-veaux défrichements, des clôtures, des bâtiments d’exploitation, etc.; ou,si une partie de ces épargnes sont mises en commun, elles se manifestentdans de nouvelles routes, des temples, des écoles. Les épargnes qui se fontdans les villes maritimes du même pays, y font apercevoir de nouveauxnavires, des magasins et des marchandises en plus grande abondance.

Dans la fabrique de Lyon, les nouvelles accumulations se transformenten ateliers, en métiers, en matières premières, etc.

Dans une société où toutes les industries prospèrent, les accumulationsse placent successivement dans toutes les entreprises et les établissementsdu pays, comme aussi dans les choses productives d’une simple jouissancequi en forme le revenu, comme des habitations plus vastes et plus com-modes, des maisons de campagne, des embellissements et des ameuble-ments.

Vous voyez par là qu’il n’y a pas moins de dépenses faites dans une ville

c’est avec la valeur échangeable des choses où réside le capital, qu'il soit en ar-gent ou en marchandises.