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Tome I.
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PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE XIV.

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industrieuse où l’on épargne beaucoup, que dans une résidence royale oùl’on dissipe énormément ; mais les dépenses sont autres. Un peuple éco-nome et accumulateur dépense tous ses revenus ; mais il ne les consacrepas aux mêmes objets que celui qui mange tous ses revenus ; et commeles objets les plus demandés sont ceux qui se vendent le mieux et récom-pensent le plus libéralement les services productifs, on voit la productionse diriger alors vers les produits qui sont propres à la consommation re-productive. Aussi, en parcourant en observateur une contrée quelconque,on peut juger, par les produits auxquels on voit travailler les hommes, sil’on y est économe ou prodigue, si le pays s’enrichit ou s’appauvrit. Certes,il y a beaucoup de produits qui peuvent servir indifféremment aux con-sommateurs producteurs et aux consommateurs stériles, comme le pain,le vin, la viande, la bière, les souliers, les verres à vitres, etc. Mais il yen a beaucoup aussi qui ne peuvent servir qu’aux consommateurs stériles,comme la plupart des objets de luxe, et beaucoup d’autres qui ne peuventservir qu’aux consommateurs reproductifs, comme les produit s du fondeur,du tanneur, du mécanicien, du taillandier, du fabricant de soude, dufabricant d’alun, etc. Si donc ces professions et d’autres analogues sontproportionnellement nombreuses, et fort occupées comme aux États-Unis,on peut en inférer qu’il y a beaucoup d’épargnes opérées, el que le payscroît en population et en richesses.

Sous l’ancien régime français, ce qui nuisait essentiellement à l’accrois-sement du capital national, était la sotte vanité des bourgeois enrichis,qui achetaient la noblesse, et dont par ce moyen les épargnes allaient seperdre dans les profusions de la cour’.

Là où le gouvernement a quelque sentiment du bien public, une partiedes revenus du fisc se transforme en établissements publics, routes, mar-chés, fontaines, embellissements, qui sont des valeurs capitales dont unpays se fait honneur aux yeux de ceux qui le parcourent, et dont la renteconsiste dans les jouissances qu’y trouvent les citoyens.

' Ce n’est pas à la vanité seule des parvenus qu’il faut imputer les sacrificesd’argent ou les bassesses au moyen desquels ils obtiennent des titres ou des dis-tinctions. Ils n’y mettraient pas tant de prix, si les peuples ne leur accordaientpas tant de déférence. D’où nous pouvons conclure qu’une nation victime desfaveurs répandues par une cour fastueuse et prodigue, est traitée selon sesmérites.