DE LA DIVISION DE TKAYAIL.
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« simple. On peut donc naturellement s’attendre que l’un ou l’autre de ces« hommes trouvera bientôt la manière, s’il y en a une, de rendre sa tâche,« en particulier, plus courte ou plus facile. La plupart des machines em-« ployées dans les métiers où le travail est le plus subdivisé, ont été ori-« ginaireinent trouvées par de simples ouvriers dont toutes les pensées« étaienttournées vers les moyens d’alléger la tâche qui faisait leur unique« occupation. Il n’y a personne, de ceux qui visitent habituellement les« manufactures, à qui l’on n’ait fait remarquer quelque machine ingénieuse« dont l’idée est due à quelque pauvre ouvrier jaloux de faciliter sa be-« sogne. Dans les premières machines à vapeur, on avait coutume de se« servir d’un petit garçon dont l’unique emploi était d’ouvrir, au moment« convenable, le robinet par où s’injectait l’eau froide dans la vapeur.« L’un d’eux, tourmenté du désir d’aller jouer avec ses camarades, re-« marqua qu’en fixant un cordon au manche du robinet, et en attachant« l’aqtre bout du même cordon au bras du levier, le robinet s’ouvrirail« et se fermerait sans qu’il s’en mêlât; ce qui lui laisserait la liberté de« jouer à son aise. C’est ainsi qu’un des plus ingénieux perfectionnements« de cette machine est dû à l’envie qu’un enfant avait de se divertir. »
Telles sont les paroles d’Adam Smith ; dans l’exemple qu’il rapporte, ilconfond, ce me semble, la découverte que l’on peut en effet attribuer àla division du travail, avec la création d’utilité qui est le fruit de l’actionsans cesse répétée d’un instrument naturel; c’est dans cet instrument,dans l’eau vaporisée, qu’est la force qui fait balancer le levier auquel ré-pond le robinet. C’est cette force qui remplace celle qu’on cherchait au-paravant (jans un petit garçon ; mais ce n’est pas l’action du premier in-venteur, quelque ingénieuse qu’elle soit, qui est génératrice de toutes lesforces qu’elle a seulement fourni l’idée d’employer depuis. Si le premierqui s’est avisé d’employer une force fournie par la nature était l’auteur detout l’ouvrage exécuté par cette force, l’inventeur de la machine à vapeurelle-même aurait la priorité pour être l’auteur de toutes les productionsque l’on doit et que l’on devra à jamais aux machines à vapeur. Le pre-mier qui aurait enseigné à labourer un champ serait le créateur de toutesles productions que ce champ donnera par la suite ; le premier qui auraitmontré à allumer du feu serait l’auteur de toutes les fusions et de toutesles préparations que nous opérons à l’aide de la chaleur. Une telle opi-nion n’est pas soutenable.
Continuons à apprécier les avantages que nous devons réellement à la^division du travail.