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Tome I.
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PREMIERE PARTIE.

CHAPITRE XV.

Ce n’esl pas seulement dans une manufacture, dans des ateliers, quenous pouvons en admirer les effets. C’est dans le monde, c’est partout.Les sciences, qui sont si nécessaires aux développements de l’industrie, nesont elles-mêmes cultivées avec succès, et n’atteignent un haut degré deperfection, que lorsque ce sont des hommes différents qui sc livrent auxinnombrables recherches dont elles sc composent. Le physicien, le chi-miste, le botaniste, le minéralogiste, l’astronome et bien d’autres classesde savants encore se partagent l’étude de la nature.

S’agit-il de la partie de l’application dans l’industrie commerciale? Onsent qu’elle sera plus perfectionnée lorsque ce seront des négociants dif-férents qui feront le commerce en gros, le commerce en détail, le com-merce d’une'province à l’autre, celui de la Méditerranée, celui des Indesou des États-Unis.

Pourquoi avons-nous des vêtements si bien appropriés aux diversesparties de notre corps? C’est que ce sont des producteurs diffcTenls quifont nos chapeaux, nos habits, nos bas, nos souliers. Combinai de profes-sions diverses s’occupent de notre seul habit ! Le cultivateur nourrissent'de brebis, le laveur de laine, le fabricant de drap dans lequel se con-fondent dix ou douze professions, le tailleur, les lileuscs qui ont fait son(il, le boutonuier, les producteurs de toutes les autres fournitures et lesproducteurs de tous les outils qui servent à tous ces gens-là! Combienne passcrail-on pas d’années, de siècles peut-être, pour terminer unhabit, s’il fallait qu’un setd homme, quelque habile même qu’on veuillele supposer, et quelque invraisemblables que soient tant d’habiletésdiverses réunies dans un seul individu, s’il fallait, dis-je, qu’un seulhomme fut chargé de toutes ^es opérations dont un habit est le ré-sultat!

Ceci nous montre quel pauvre calcul on ferait en voulant exécuter soi-même les diverses fonctions de l'industrie, afin de s’en attribuer les profits;nul ne peut exécuter une partie de production à meilleur compte que celuiqui s’en occupe exclusivement. Un tailleur qui voudrait faire non-seule-ment ses habits, mais encore ses souliers, sc ruinerait infailliblement. Illui convient bien mieux de se vouer sans réserve à la confection du pro-duit qu’il fait avec plus d’avantage, et d’échanger une partie des fruits desa production contre une partie de ceux que le cordonnier a créés de soncôté avec avantage aussi. Le cordonnier, malgré les profils qu’il fait surles souliers, les procure au tailleur à bien meilleur marché que le tailleurne pourrait les établir, en supposant qu’il en eût le talent.