Band 
Tome I.
Seite
177
JPEG-Download
 

TROP GRANDE SUBDIVISION DU TRAVAIL.

177

La division du travail peut néanmoins s’introduire dans beaucoup detravaux sans exiger des capitaux bien considérables, soit parce qu’elles’exerce sur des matériaux de peu de valeur et au moyen d’outils peudispendieux, soit parce que les travaux ne sont pas réunis dans une en-treprise commune. Il y a une assez grande division dans la confectiond’une paire de gants : le nourrisseur de bestiaux, l’équarrisseur, le mé-gissier, le corroyeur, celui qui coupe les peaux, celle qui les coud, nesont pas les mêmes personnes, et chacune exerce sa portion d’ouvrageavec un capital qui lui est propre et qui n’a pas besoin d’être fort considé-rable. Une grande entreprise, où l’on tenterait de réunir ces diverses opé-rations, même en les confiant à des ouvriers différents, ne pourrait pro-bablement pas les exécuter avec la même économie.

CHAPITRE XVII.

Des inconvénients attachés à une trop grande subdivision dans les travaux.

Un auteur français, Lemonley, dans un essai intitulé : Influence morale4e la Division du Travail, a examiné l’influence que ce progrès peut avoirrelativement aux travailleurs en particulier, et relativement au corps dela nation où il s’introduit. Plusieurs de ses observations méritent d’êtreméditées, parce qu’il convient de connaître toutes les conséquences desfaits qu’on observe, sauf à balancer les inconvénients par les avan-tages.

« Plus la division du travail sera parfaite et l’application des machinesétendue, dit Lemontey, plus l’intelligence de l’ouvrier se resserrera. Uneminute, une seconde, consommeront tout son savoir; et la minute, laseconde suivante, verront répéter la même chose. Tel homme est destinéà ne représenter toute sa vie qu’un levier ; tel autre une cheville ou unemanivelle. On voit bien que la nature humaine est de trop dans un pareilinstrument, et que le mécanicien n’attend que le moment où son art per-fectionné pourra y suppléer par un ressort...

« Le sauvage, continue-t-il, qui dispute sa vie aux éléments et subsistedes produits de sa pêche et de sa chasse, est un composé de force et deruse, plein de sens et d’imagination. Le laboureur, que la variété des sai-sons, des sols, des cultures et des valeurs force à des combinaisons re-naissantes, reste un être pensant, etc.

i.

12